Ceux qui se réjouissent sont avant tout les djihadistes
Le Niger traverse une période de turbulences marquée par une récente mutinerie, survenue le 29 août, et par une menace djihadiste persistante. L’implication opérationnelle de militaires russes suscite une attention particulière parmi les observateurs internationaux.
Nina Wilén, chercheuse spécialiste du Sahel et directrice du programme Afrique à l’Institut Egmont, souligne que la présence de soldats russes, environ 200, au sein de la base aérienne, représente un changement significatif. Ces militaires, qui étaient jusqu’alors concentrés sur la maintenance et la formation, ont commencé à jouer un rôle opérationnel, notamment aux côtés des forces de la garde présidentielle lors de la mutinerie.
Depuis le coup d’État de 2023, la lutte contre les groupes djihadistes au Niger a connu des difficultés croissantes. Les statistiques révèlent une augmentation alarmante des attaques, avec une hausse de 94 % des incidents signalés en 2024 selon le Global Terrorism Index. Cette détérioration de la situation expose une armée nigérienne qui peine à faire face seule aux menaces, comme en témoigne son recours à l’aide étrangère.
Les conséquences de cette crise sont préoccupantes. Wilén note que les groupes djihadistes se réjouissent de la fragmentation interne de l’armée, qui doit faire face à des menaces à la fois extérieures et internes. Ce contexte crée des zones de vulnérabilité, alors que les forces spéciales, mobilisées à Niamey pour faire face à la mutinerie, laissent des vides sur le terrain, offrant ainsi aux djihadistes davantage d’opportunités pour intensifier leurs activités.
En parallèle, l’Algérie a renforcé son soutien au Niger en envoyant des avions de chasse, ce qui démontre une volonté d’améliorer les relations au sein de l’Alliance des États du Sahel. Cependant, les autres membres, le Mali et le Burkina Faso, n’ont pas fourni de soutien significatif, illustrant ainsi une fragilité dans la coordination de l’alliance face à des défis sécuritaires communs.
Cette situation complexe souligne la nécessité pour le régime nigérien de réévaluer ses priorités et de renforcer ses capacités militaires afin de faire face à une menace djihadiste qui ne cesse de croître.
Source : DW

