La batterie quantique permet une recharge à distance et sans câble en quelques secondes.

Recharger à distance, sans câble, en un éclair : la batterie quantique est née

Des chercheurs australiens ont mis au point un prototype de batterie quantique capable de se charger plus rapidement en ajoutant des molécules. Développé par le CSIRO en collaboration avec RMIT University et l’Université de Melbourne, ce dispositif représente une avancée significative dans le domaine de l’électrochimie. Les résultats de cette recherche ont été publiés le 13 mars 2026 dans la revue Light: Science & Applications, décrivant le premier cycle complet de charge, stockage et décharge sur une batterie quantique.

Traditionnellement, l’électrochimie suit une règle établie : plus une batterie est grande, plus elle met de temps à se charger. En revanche, le nouvel appareil utilise une microcavité optique, où deux miroirs sont séparés de 100 nanomètres, piégeant des molécules de colorant organique. Un laser excite ces molécules, qui absorbent l’énergie de manière collective lors d’un événement de « superabsorption ». Le temps de charge diminue selon la formule 1/√N, où N représente le nombre de molécules. Ainsi, doubler la taille de la batterie réduit le temps de charge de plus de moitié, défiant les principes de l’électrochimie établis depuis deux siècles.

En 2022, l’équipe avait démontré ce phénomène sans pouvoir récupérer l’énergie. L’avancée de 2026 réside dans l’intégration de couches de transport de charge, permettant l’extraction d’un courant électrique.

Cependant, le prototype actuel ne stocke que quelques milliards d’électronvolts et retient l’énergie pendant des nanosecondes, ce qui signifie qu’il n’est pas encore prêt pour une utilisation dans des appareils tels que les smartphones. Dario Ferraro, professeur associé de physique à l’Université de Gênes, souligne que les applications des batteries quantiques resteront limitées à l’échelle quantique pour le moment.

À court terme, les applications les plus prometteuses concernent les ordinateurs quantiques, avec un second article de l’équipe publié dans Physical Review X en 2026, explorant cette direction. Le prototype fonctionne à température ambiante, contrairement aux systèmes supraconducteurs qui nécessitent un refroidissement à des températures inférieures à -150 °C. De plus, l’équipe a réussi à multiplier par 1 000 la durée de rétention d’énergie, grâce à des états triplets moléculaires, comme le révèle un article publié en juillet 2025 dans PRX Energy.

James Quach, responsable scientifique au CSIRO, envisage un futur où il sera possible de « recharger à distance, sans câble, en un éclair ». Le CSIRO cherche actuellement des partenaires industriels pour concrétiser cette vision.

Source : Light: Science & Applications

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