Quatre frégates vendues pour 4,3 milliards d’euros : un symbole de l’alliance entre la France et la Suède
La France a conclu un contrat avec la Suède pour la vente de quatre frégates, d’une valeur de 4,3 milliards d’euros. Cette transaction marque une étape significative dans la coopération militaire entre les deux nations, particulièrement dans le contexte de l’évolution géopolitique en Europe.
En 2020, la Suède envisageait de moderniser ses corvettes Visby. Cependant, l’invasion de l’Ukraine par la Russie a modifié ses priorités stratégiques. En 2022, Stockholm a officialisé son entrée dans l’Otan, mettant fin à plus d’un siècle de neutralité, et a opté pour les frégates françaises. Ces navires polyvalents, désignés sous le nom de FDI, seront équipés de missiles Aster 30 et CAMM-ER, ainsi que d’un radar de surveillance Giraffe fabriqué par Saab, et de canons de 57 et 40 mm de BAE Systems Bofors.
La rapidité de la décision et de la signature du contrat témoigne de la détermination de la Suède à renforcer rapidement sa défense. Ce besoin est accentué par les préoccupations exprimées par la Lituanie concernant une possible attaque russe sous faux drapeau contre les Pays Baltes, semblable à l’invasion de la Crimée en 2014. Par ailleurs, des incidents entre l’Otan et les forces russes se multiplient en mer Baltique et en mer du Nord.
Frégates françaises, avions et vedettes suédoises
La coopération entre Paris et Stockholm s’étend au-delà de la vente de frégates. Depuis la signature d’un nouveau « partenariat stratégique » le 30 janvier, les deux pays collaborent dans les domaines naval, des missiles et de l’aéronautique. La Suède a également rejoint, le 2 mars, l’initiative d’Emmanuel Macron sur le partage de la dissuasion nucléaire française, dans un contexte d’incertitude quant à l’engagement américain.
La Suède, bien que principalement acheteuse, possède une industrie de défense développée. Récemment, la France a commandé deux avions de surveillance GlobalEye à Saab pour environ 1,3 milliard d’euros. De plus, trois vedettes suédoises CB90 sont actuellement testées par la Marine nationale à Brest et Toulon, offrant potentiellement un nouveau moyen d’interception pour ses fusiliers marins.
Enfin, Emmanuel Macron cherche à établir une nouvelle convergence aéronautique. À la suite des désaccords ayant conduit à l’échec du programme SCAF, Dassault Aviation et Saab ont entamé des discussions pour le développement d’un nouvel avion de combat. Cependant, la Suède est également courtisée par Berlin, ce qui incite à la prudence dans ces négociations.
Cette coopération renforcée entre la France et la Suède illustre l’évolution des alliances militaires en Europe face à des menaces croissantes.
Source : Le Télégramme

