Qui a peur des Pythie au petit pied ?
Si le soleil est toujours au zénith dans notre ciel de rentrée, la météo politique tourne à l’orage. De nombreux sondages se multiplient dans les médias, comme si la présidentielle se jouait ce dimanche. Pourtant, ces « photographies de l’opinion » sont souvent aussi fiables que les prédictions de Madame Irma. L’avenir du scrutin demeure incertain, tant dans les bureaux d’Ipsos que dans le marc de café.
Les candidats semblent toutefois accréditer cette tendance. Selon les récents sondages, Marine Le Pen serait en tête au premier tour, quasiment assurée de l’emporter au second tour, tandis que Jean-Luc Mélenchon se positionnerait comme son challenger principal. Ce scénario pousse à choisir, dès maintenant, entre ces deux candidats jugés « sérieux », tandis que d’autres sont disqualifiés avant même le début du match.
L’histoire politique regorge d’aspirants couronnés trop tôt, souvent rapidement oubliés. Le Rassemblement National (RN) et La France Insoumise (LFI) ont tout à gagner à entretenir cette fiction. Le RN se positionne comme le « parti de l’ordre », tandis que LFI évoque les fantômes de Vichy pour galvaniser ses troupes.
Les autres prétendants, comme Laurent Wauquiez, se laissent entraîner dans ce jeu qui les invisibilise. Ce dernier a récemment déclaré que Mélenchon « s’approche du pouvoir », une affirmation qui semble ignorer les réalités du terrain.
En définitive, le jour J, loin des réseaux sociaux et des Pythie au petit pied, les électeurs glisseront dans l’urne le bulletin de leur choix. Jusqu’à cette heure, rien n’est écrit.
Source : Nice Matin

