Niger : Après la mutinerie à Niamey, les raisons de la colère dans les rangs de l’armée
Au Niger, une journée calme s’est installée ce lundi 31 août à Niamey, après un week-end marqué par des tirs. Ces incidents ont débuté dans la nuit de vendredi à samedi et se sont poursuivis durant la journée de samedi. Des affrontements violents ont opposé des soldats mutins à la garde présidentielle, soutenue par les forces russes de l’Africa Corps. Aucun bilan officiel n’a été communiqué depuis, et le général Abdourahamane Tiani, à la tête du Conseil National de la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), n’a pas fait de déclaration publique. Les autorités qualifient les événements de « mouvement d’humeur ». Les raisons précises de cette mutinerie demeurent floues.
Un observateur a déclaré que cette situation pourrait représenter la « pire crise » que le CNSP ait à gérer depuis son accession au pouvoir il y a trois ans. En l’absence de communication sur les revendications des mutins, plusieurs hypothèses émergent pour expliquer leur mécontentement. L’une d’elles évoque des affectations controversées : par exemple, le fils du ministre de la Défense, le général Mody, a été envoyé en stage à l’étranger, échappant ainsi à une zone de conflit.
Des sources indiquent également un ras-le-bol parmi les militaires engagés dans la lutte contre les groupes jihadistes, souvent mal équipés et manquant de soutien aérien, ce qui entraîne des pertes significatives. Les tensions entre la garde présidentielle et le reste de l’armée semblent se renforcer, comme en témoigne une cérémonie d’hommage organisée pour trois membres de la garde présidentielle, alors que des militaires tombés au front ne reçoivent pas les mêmes honneurs.
Les analystes craignent que d’autres mouvements de colère ne surgissent au sein de l’armée, d’autant plus que l’intervention des forces russes contre des soldats nigériens est mal perçue par certains militaires.
Source : RFI

