Taxe d’accise sur l’essence : un expert avertit d’un risque politique pour le gouvernement.

Ramener la taxe d’accise sur l’essence serait un « suicide politique », affirme un expert

Ramener la taxe d’accise sur l’essence serait un « suicide politique », affirme un expert

La taxe d’accise de 10 ¢ le litre sur l’essence et de 4 ¢ le litre sur le diesel, suspendue par le gouvernement de Mark Carney en avril, doit entrer de nouveau en vigueur le 8 septembre prochain. Cependant, des experts prévoient qu’Ottawa pourrait prolonger cette suspension.

Carol Montreuil, vice-président de l’Association canadienne des carburants, a déclaré : « Si la taxe est remise, dans la journée qui suit, on verrait effectivement les prix partout augmenter de 10 ¢ [le litre]. » De son côté, Sylvain Audette, membre associé de la Chaire de recherche en gestion du secteur de l’énergie à HEC Montréal, a commenté que rétablir la taxe dans le contexte actuel, marqué par la guerre commerciale avec les États-Unis, serait politiquement risqué. « Ça serait vraiment un suicide politique d’essayer de remettre ça la semaine prochaine. Je pense que le gouvernement Carney va attendre que le contexte s’apaise un peu plus », a-t-il ajouté.

Yvan Cliche, spécialiste en énergie au Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal, a également exprimé des réserves. Il a souligné que l’escalade des tensions entre les États-Unis et l’Iran complique la situation, rendant difficile la réinstauration de cette taxe alors que les prix de l’essence continuent d’augmenter. Selon lui, Ottawa, qui avait justifié la suspension de la taxe par la hausse du coût de la vie, ne la réintroduira pas avant la fin de la guerre en Iran.

Montreuil a averti que, même sans la taxe d’accise, la reprise des hostilités en Iran est une mauvaise nouvelle pour les automobilistes. Il a déclaré : « À moyen terme, à moins d’une résolution rapide du conflit, le pronostic n’est pas très bon pour les semaines et mois à venir. »

La situation géopolitique actuelle, notamment la fermeture du détroit d’Ormuz et les tensions en Ukraine, impacte directement les prix du pétrole. Ces dynamiques rendent la prévision des prix à la pompe particulièrement complexe, alors que les marchés du pétrole sont interconnectés à l’échelle mondiale.

Source : ICI Radio-Canada

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