RDC : Une rentrée scolaire à l’épreuve d’Ebola, de la grève et de la guerre
Des millions d’élèves congolais sont appelés à reprendre le chemin de l’école ce mardi 1er septembre. Le gouvernement maintient la rentrée sur l’ensemble du territoire, mais les conditions varieront considérablement selon les régions. Six provinces sont touchées par Ebola, le Syndicat des enseignants du Congo (Syeco) appelle les enseignants à ne pas reprendre les cours, et dans les territoires contrôlés par l’AFC/M23, les autorités locales préparent également la rentrée, tandis que Kinshasa continue de rémunérer les enseignants du primaire et du secondaire.
Contexte factuel
La rentrée scolaire 2026-2027 doit officiellement avoir lieu ce mardi 1er septembre. Dans un message publié le 31 août, la ministre d’État chargée de l’Éducation nationale, Raïssa Malu, a confirmé cette orientation tout en reconnaissant un « contexte exigeant ». Elle a déclaré : « Partout où les conditions le permettent, l’école doit reprendre », en tenant compte de l’insécurité et des conflits.
Le principe reste celui d’une rentrée en présentiel dans la majeure partie du territoire. Le gouvernement insiste sur la gratuité de l’enseignement primaire public et demande aux responsables scolaires de respecter les dispositions en vigueur concernant les frais scolaires. Cette rentrée sera également marquée par le lancement de 78 cantines scolaires pilotes et de « Clubs de veille citoyenne ». Cependant, la reprise se déroule sous trois contraintes majeures : l’épidémie d’Ebola, un conflit social avec certains enseignants, et la situation dans les territoires contrôlés par l’AFC/M23.
Données ou statistiques
Le défi sanitaire concerne six provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Haut-Uélé, la Tshopo, le Sud-Kivu et le Bas-Uélé. Selon le rapport de situation arrêté au 29 août, 60 zones de santé sur 151 dans ces provinces ont été touchées depuis le début de l’épidémie, l’Ituri étant l’épicentre avec 82,3 % des cas confirmés. Sur 138 sous-divisions éducatives dans les provinces concernées, 40 sont touchées par l’épidémie et 18 classées à haut risque.
Le ministère de l’Éducation a prévu un système évolutif pour les modalités d’enseignement en fonction du niveau de risque, avec trois catégories : zones vertes (présentiel normal), zones orange (présentiel avec mes renforcées) et zones rouges (enseignement à distance léger).
Conséquence directe
Le véritable test de cette rentrée se déroulera sur le terrain, où l’efficacité des mes sanitaires et la réponse à l’appel à la grève du Syeco détermineront la réalité du retour en classe pour les élèves et les enseignants.
Source : RFI

