Le gouvernement veut réduire le coût des arrêts maladie
Face à une dépense record de près de 18 milliards d’euros en 2025, l’exécutif annonce une réforme limitant la durée des arrêts et réformant le système.
Le gouvernement s’attaque à la flambée du coût des arrêts maladie, qui a atteint un niveau inédit en 2025. Selon les chiffres communiqués, « le montant des indemnités versées pour les arrêts maladie s’est élevé à près de 18 milliards d’euros en 2025 ». Cette dépense, qui pèse lourdement sur les finances publiques, place la maîtrise des arrêts de travail au cœur de la stratégie de réduction des déficits sociaux.
Une réforme d’ampleur annoncée
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a fait de ce dossier une priorité. Il entend réduire ce montant et annonce « une vraie réforme ». Parmi les leviers envisagés figurent la durée des jours de carence et également la durée de l’arrêt. Cette réforme vise à encadrer plus strictement les prescriptions d’arrêts maladie.
Chaque jour, 30 000 arrêts de travail sont prescrits. Le montant des indemnisations des arrêts de travail ne cesse d’augmenter depuis le Covid, avec une hausse de plus de 40 % en six ans.
À partir du 1er septembre, une nouvelle règle entre en vigueur : l’arrêt maladie sera limité à une prescription de 31 jours maximum. Chaque prolongation sera, pour sa part, limitée à 62 jours, sans plafond de durée totale. Jusqu’ici, aucune limite de temps ne s’appliquait aux arrêts maladie.
Des dépassements seront toujours possibles pour des pathologies plus sévères, mais le médecin devra justifier une durée plus longue sur la prescription elle-même. La réforme s’inscrit dans une stratégie globale de maîtrise des dépenses de la Sécurité sociale.
Pour Sébastien Lecornu, il s’agit de la « mère de toutes les batailles ». Edouard Philippe, quant à lui, parle même de « mettre fin à l’open bar des arrêts de travail ».
Réactions et perspectives
Yohan Saynac, médecin généraliste et vice-président du syndicat MG France, s’inquiète de voir sa salle d’attente s’engorger en raison de consultations supplémentaires pour renouveler les arrêts. Il souligne que « quand on sait d’emblée que l’arrêt va être de six, huit semaines parce qu’il y a une cause bien identifiée, une chirurgie, une fracture, etc., qui est incompatible avec la reprise du travail, ça n’a pas d’intérêt de rajouter une consultation inutile ».
Du côté des patients, les réactions oscillent entre compréhension et inquiétude. « On est malades, on est malades. On est obligés de les prendre », explique une patiente. Une autre ajoute : « Je pense que les gens, j’espère, ne jouent pas trop dessus et ne se mettent pas en arrêt juste pour se mettre en arrêt ».
Source : Ministère de la Santé, 2025.

