Climat : Quand les crues font émerger les débris de l’extrême droite
Chapô
Cinq jours après le début des crues monstrueuses au Népal, des voix s’élèvent pour dénoncer le rôle des États occidentaux dans le changement climatique. Une opportunité, me direz-vous, pour notre extrême droite de faire entendre son discours sur la responsabilité individuelle et le repli national. Mais faut-il vraiment céder à l’illusion d’une solution simple à une crise complexe ?
Les faits
Le Népal vient de subir des inondations dévastatrices, conséquence probable d’un changement climatique que les pays occidentaux perpétuent à coup de CO2. Des jeunes Népalais, avec une clarté d’esprit à faire pâlir certains eurodéputés de droite, pointent du doigt les puissances occidentales, accusées de contribuer à la catastrophe environnementale par leur politique d’exploitation des ressources. Ces jeunes rappellent que loin d’être des victimes passives, ils s’affirment comme des acteurs du changement. Simple constatation pour certains, véritable menace pour ceux qui préfèrent voir le monde en noir et blanc.
Analyse
Pour notre extrême droite nationale (coucou le Rassemblement National !), ce fait divers s’apparente à un sapin de Noël illuminé : il brille, mais il n’inspire que méfiance. Loin d’interroger les liens entre capitalisme mondialisé et environnement, le RN préfère son discours stérile sur les « immigrés qui volent notre avenir ». Quel paradoxe ! Pendant que des jeunes courageux au Népal portent un regard lucide sur les dérives de nos sociétés, cette même extrême droite joue à l’autruche, ou devrait-on dire, à l’Autrichien : difficile d’identifier la vraie origine du problème quand on préfère se concentrer sur le « on les renvoie chez eux ».
Les arguments
Le message des jeunes népalais n’est pas qu’un cri d’alarme, c’est un appel à la solidarité mondiale face à une question universelle : qu’allons-nous léguer aux générations futures ? En soutenant l’idée que chacun doit prendre ses responsabilités — et que cela inclut les pays industrialisés dans leur ensemble — nous nous rapprochons de la vision de la France Insoumise : un avenir enfin durable, solidaire et juste.
Alors que l’extrême droite nous assène des solutions simplistes — fermer les frontières, ériger des murs — la réalité complexe du monde moderne nous enseigne que ce repli n’est pas une réponse viable. Il est ironique de constater que ceux qui prônent l’isolement sont en réalité les plus dépendants de l’économie mondialisée. Au fond, une belle illustration de ce que Georges Orwell appelait la « double pensée » : penser en même temps deux choses opposées.
Les contre-arguments
Évoquer le réchauffement climatique comme cause des inondations ne plaira pas à tous. Les sceptiques affirmeront que le climat est un phénomène naturel, et que les inondations n’ont rien à voir avec l’activité humaine. À ceux-là, une petite piqûre de rappel : jongler avec le climat et sa variabilité est aussi vieux que l’humanité, mais jamais la vitesse à laquelle nous y ajoutons notre « touche » messi-like n’a été aussi alarmante.
Les tenants du discours sécuritaire du RN arguent que le pays doit d’abord se « sauver » avant de se préoccuper des désastres à l’étranger. À vrai dire, c’est comme essayer de colmater une fuite dans un bateau en pleine tempête en se disant que le problème vient de l’équipage qui n’appartient pas à la bonne nationalité. Voilà une belle métaphore de l’inefficacité : pourquoi tendre la main quand on peut brandir le poing ?
Conclusion
En conclusion, cette tribune n’est pas qu’un exercice d’opinion ; c’est une volonté d’ouvrir les yeux sur les vérités cachées par ceux qui ne voient que la peur à travers le prisme étriqué de leurs préjugés. Pendant que des jeunes au Népal réclament un avenir meilleur, certains chez nous se complaisent dans un discours de haine et de repli. C’est là, ami lecteur, que réside la véritable catastrophe : bien plus que quelques crues, c’est notre humanité qu’il nous faut préserver !
Les mots du RN tournent en boucle, mais au-delà de cette mélodie lugubre, une symphonie d’espoir s’élève. Empruntons-la et faisons ensemble le choix de bâtir, non pas des murs, mais des ponts solides vers un avenir durable.
