Rentrée scolaire : flou persistant pour les parents d’enfants en attente d’AESH.

A la vieille de la rentrée, le grand flou des parents qui attendent une AESH pour leur enfant

À la veille de la rentrée, le grand flou des parents en attente d’une AESH

À la veille de la rentrée scolaire, de nombreux parents se retrouvent dans l’incertitude quant à l’accompagnement de leurs enfants en situation de handicap. Yasmina Gaulard, mère d’Anissa, une adolescente de 13 ans autiste, est dans l’attente d’une auxiliaire de vie scolaire (AESH) pour son entrée en sixième à Rennes. Après avoir été scolarisée dans un dispositif ULIS en primaire, la demande de poursuite dans ce cadre a été refusée par manque de place. Une orientation vers un institut médico-éducatif (IME) reste sans suite depuis trois ans. Malgré une notification d’accompagnement individuel, le collège n’a pas donné de réponse. « Pour l’AESH, ce sera la surprise mardi », confie Yasmina.

Malgré plusieurs tentatives de contact, Yasmina n’a reçu aucun retour concernant la présence de l’accompagnante ni le nombre d’heures qui lui seront attribuées. « Si c’est quatre heures par semaine, est-ce qu’elle va à l’école seulement quatre heures dans la semaine ? Je ne sais pas du tout », s’inquiète-t-elle. Anissa, qui ne peut pas prendre ses cours seule, fait face à de nombreux obstacles, tels que les changements de salles ou de professeurs. Son père, Sylvain, constate son stress grandissant face à cette rentrée incertaine.

Près de 50 000 notifications non couvertes

À la rentrée 2025, 48 726 des 352 102 élèves disposant d’une notification d’aide humaine attendaient encore un accompagnant, soit près d’un sur sept. Ces enfants ne sont pas tous déscolarisés, mais sont privés d’un accompagnement reconnu. Selon la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), le nombre d’élèves handicapés scolarisés en milieu ordinaire a été multiplié par 3,2 depuis 2006, atteignant 549 729 élèves à la rentrée 2025. En parallèle, l’Éducation nationale employait environ 140 000 AESH.

Ce chiffre met en lumière la précarité de la profession. Les AESH travaillent en moyenne 25,5 heures par semaine, pour un salaire net mensuel moyen de 1 030 euros, et seulement 64 % d’entre eux sont en contrat à durée indéterminée. Leur formation, qui dure au minimum 60 heures, est souvent dispensée après leur prise de poste, alors que les besoins des enfants varient considérablement.

Une présence devenue condition de fait

En théorie, une école ne peut refuser un enfant au motif de l’absence d’un AESH. La Défenseure des droits rappelle que « la présence d’un personnel chargé de l’accompagnement n’est ni un préalable ni une condition à la scolarisation ». Cependant, dans la pratique, l’AESH est souvent devenue une condition de fait pour l’accueil des élèves. En l’absence d’aide, les temps scolaires sont réduits, et des rentrées sont reportées.

Pour les enfants très dépendants, cette distinction juridique est amère. Bien que l’établissement soit tenu de les accueillir, sans aide pour communiquer ou apprendre, leur présence peut devenir symbolique. Yasmina, qui travaille à temps partiel, a même retardé sa reprise pour être disponible lors des premiers jours de rentrée.

Sortir du « tout-AESH »

Les AESH jouent un rôle clé, mais en faire la seule réponse à l’inclusion revient à leur demander de compenser une école souvent peu accessible. Les inspections recommandent de revoir leur rôle plutôt que de les supprimer, en proposant des enseignants mieux formés et des dispositifs spécialisés suffisants.

À l’inverse, l’Italie a opté pour un modèle différent, introduisant un enseignant de soutien pour une classe entière, qui travaille en collaboration avec l’équipe éducative et les familles. Ce système, bien que perfectible, évite de faire reposer la responsabilité de l’inclusion sur une seule personne.

Yasmina a lancé une pétition au nom du collectif CAPABLES, demandant davantage d’AESH, ainsi que des places en unités d’enseignement adaptées. « Une inclusion sans accompagnement humain devient une maltraitance institutionnelle », souligne-t-elle.

À la veille de la rentrée, Yasmina attend toujours des nouvelles et envisage de saisir le Défenseur des droits. « On est obligés de mettre toute notre énergie là-dedans. On n’a pas le choix », conclut-elle. Une école inclusive ne devrait pas dépendre de l’endurance juridique des parents ni de la présence incertaine d’un accompagnant.

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