Décès d’Édouard Balladur, ancien Premier ministre français
L’ex-Premier ministre français Édouard Balladur, qui a exercé ses fonctions de 1993 à 1995, est décédé le 31 août 2026 à l’âge de 97 ans. Sa carrière politique a débuté en 1964, lorsqu’il est devenu le collaborateur de Georges Pompidou, alors chef du gouvernement. Balladur a progressivement pris du recul par rapport à la vie politique à la fin des années 2000, laissant derrière lui le souvenir d’un chef de gouvernement marquant.
Édouard Balladur a fait son entrée tardive dans le monde politique. Conseiller fidèle de Georges Pompidou, il devient secrétaire général de l’Élysée en 1973. Élu député de Paris sous l’étiquette RPR lors des législatives de mars 1986, il se présente comme « l’un des plus jeunes hommes politiques de France » à l’âge de 57 ans. Cette élection le mène à des postes de haut niveau, notamment en tant que ministre des Finances dans le premier gouvernement de cohabitation dirigé par Jacques Chirac sous François Mitterrand.
Balladur a joué un rôle clé dans les privatisations d’entreprises publiques, allant de Rhône-Poulenc à TF1 et Total. Trente ans après, il affirmait encore que cette politique avait été un succès, avec le nombre d’actionnaires passant de 500 000 à six millions. Il prônait également un « libéralisme ordonné et partagé », tout en soulignant l’importance de la réglementation dans le fonctionnement du marché.
Un autre fait marquant de son passage aux Finances fut la suppression de l’IGF (impôt sur les grandes fortunes) en 1987. Bien des années plus tard, il continuait de recevoir des lettres de critiques et d’admirateurs à ce sujet. Balladur a exprimé son regret de ne pas avoir réussi à instaurer une politique de participation des salariés.
Réélu député en juin 1988, il soutient ouvertement le traité de Maastricht en 1992, et en 1993, il est nommé Premier ministre. Sa nomination a été annoncée par Mitterrand à la télévision sans qu’il en ait été préalablement informé.
Sous son mandat, il vise un « retour à la croissance » et réforme les retraites tout en lançant une nouvelle série de privatisations. Son gouvernement a également pris des décisions concernant le désengagement de la France au Rwanda, affirmant que sa priorité était d’éviter une « expédition coloniale ».
Balladur a également été impliqué dans des affaires judiciaires à la fin de sa carrière, notamment liées à un financement occulte de sa campagne présidentielle de 1995 dans le cadre de l’affaire Karachi. Bien qu’il ait toujours contesté ces accusations, il a été mis en examen par la Cour de justice de la République en 2017.
Édouard Balladur laisse derrière lui une carrière politique riche et complexe, marquée par des succès et des controverses. Veuf depuis le décès de son épouse Marie-Josèphe en 2025, il avait célébré son 97e anniversaire en mai 2026.
Source : RFI

