Votre taxe foncière a bondi ? À qui la faute, comment faire baisser la note ?
Cette année, l’État a revalorisé les bases de la taxe foncière de 0,8 %. C’est le coefficient le plus faible depuis cinq ans, comparé à 7,1 % en 2023, 3,9 % en 2024, et 1,7 % en 2025. Pour une taxe foncière moyenne de 1 100 euros, cette revalorisation se traduit par environ 9 euros de plus dans l’année. Si votre avis d’imposition a considérablement augmenté, l’explication se trouve ailleurs, et il y a deux possibilités.
Première hypothèse : votre commune a voté
La taxe foncière est calculée sur la base de la valeur locative cadastrale de votre bien, diminuée d’un abattement de 50 %, puis multipliée par les taux votés par la commune et l’intercommunalité. La première valeur est fixée par le ministère de l’Économie, tandis que les élus locaux déterminent le taux en conseil municipal, généralement entre décembre et février. Les écarts peuvent être significatifs d’une commune à l’autre. Pour 2026, les hausses de taux ont été rares, avec seulement onze des 198 villes de plus de 40 000 habitants ayant augmenté leur taux, selon une étude publiée en juillet. Par exemple, Angoulême n’a pas modifié ses taux.
Seconde hypothèse : il y a une erreur
Les erreurs dans les valeurs locatives cadastrales sont plus fréquentes qu’on ne l’imagine. Ces valeurs, établies en 1970, n’ont jamais été révisées de manière générale. Elles sont mises à jour au cas par cas, souvent à la suite d’une déclaration de travaux ou d’un changement de propriétaire, ce qui peut engendrer des approximations sur plus de cinquante ans. Pour vérifier cela, il est possible de demander une fiche d’évaluation au service départemental des impôts fonciers. Ce document peut révéler des erreurs concernant la surface réelle, la catégorie du logement ou d’autres éléments. Il est à noter que la réforme qui devait intégrer de nouveaux critères de confort est suspendue et ne sera pas appliquée pour l’avis 2026.
Contester : ce qu’il faut savoir avant de se lancer
Le délai pour contester est long. L’article R*196-2 du Livre des procédures fiscales fixe l’échéance au 31 décembre de l’année suivant la mise en recouvrement. Pour un avis reçu en 2026, vous avez jusqu’au 31 décembre 2027 pour contester. Cependant, l’échéance de paiement reste le 15 octobre, ou le 20 pour les paiements en ligne.
Les propriétaires doivent s’acquitter de l’impôt et seront remboursés en cas de succès de leur contestation. Un sursis de paiement peut être demandé, mais en cas de rejet, des pénalités de 10 % pour retard peuvent s’appliquer.
Il convient également de ne pas confondre les deux voies de contestation : la réclamation contentieuse, qui conteste le bien-fondé de l’impôt, et la demande gracieuse, qui sollicite une remise pour difficultés financières. Ces démarches doivent être menées en parallèle.
Enfin, la forme de la réclamation est cruciale. Elle doit contenir un exposé sommaire des moyens et des conclusions, sous peine d’irrecevabilité. La réclamation peut être déposée via la messagerie sécurisée sur impots.gouv.fr, par courrier ou au guichet, et elle est gratuite.
Les allègements que personne ne réclame
Certains allègements fiscaux s’appliquent automatiquement, d’autres nécessitent une demande active. Les propriétaires de plus de 75 ans au 1er janvier sont totalement exonérés sur leur résidence principale, sous condition de revenu fiscal de référence. Les 65-74 ans bénéficient d’un dégrèvement automatique de 100 euros. D’autres exonérations existent pour les bénéficiaires de l’ASPA et de l’ASI, ainsi que pour les titulaires de l’AAH, sous certaines conditions.
Il existe également un plafonnement à 50 % des revenus pour les foyers modestes qui ne relèvent d’aucune exonération précédente. Enfin, les logements neufs sont exonérés pendant deux ans à compter de l’année suivant l’achèvement, à condition de déposer la déclaration H1 ou H2 dans les quatre-vingt-dix jours.
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