Une météorite révèle une force cachée influençant la formation du Système solaire.

« La gravité n’explique pas tout » : une météorite révèle une force cachée à l’origine du Système solaire

La gravité n’explique pas tout : une météorite révèle une force cachée à l’origine du Système solaire

Il y a 4,6 milliards d’années, notre Système solaire n’existait pas encore. Un gigantesque nuage de gaz et de poussière était présent. C’est à partir de cette nébuleuse qu’est né le Soleil, puis toutes les planètes de notre système. Les détails de cette transformation restent encore mal compris.

L’origine nébuleuse de notre Système solaire

Dès la fin du XVIIIe siècle, des scientifiques comme Emmanuel Kant et Pierre-Simon de Laplace envisagent que le Soleil et les planètes se seraient formés à partir d’un vaste nuage de matière. Les modèles actuels ont précisé ce scénario, dans lequel l’effondrement gravitationnel joue un rôle majeur. Cet effondrement aurait permis la naissance d’une proto-étoile au centre de la nébuleuse, et la conservation du moment cinétique aurait conduit la matière restante à s’aplatir pour former un disque protoplanétaire en rotation autour de la jeune étoile.

Bien que cette théorie d’un effondrement gravitaire soit largement acceptée, une nouvelle étude révèle que d’autres forces pourraient également avoir participé au façonnement du disque protoplanétaire et aux premières étapes de la naissance de notre Système solaire.

Les plus anciens grains solides connus

En 2008, des scientifiques découvrent en Antarctique une chondrite carbonée, reconnue comme l’une des météorites les plus primitives jamais découvertes. Baptisée DOM 08006, elle est exceptionnelle en raison du très faible taux d’altération subi depuis sa formation, conservant ainsi certains des matériaux les plus anciens du Système solaire.

Cette météorite contient des inclusions riches en calcium et en aluminium, appelées CAI, qui sont parmi les premiers solides formés dans le Système solaire. Ces minuscules grains renseignent les chercheurs sur les conditions physico-chimiques qui régnaient dans la nébuleuse solaire en évolution.

Une empreinte magnétique vieille de 4,6 milliards d’années

Une analyse récente a révélé que des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) ont isolé des CAI contenant des minéraux magnétiques. Ces minéraux peuvent conserver l’« empreinte » du champ magnétique dans lequel ils se sont formés. Les résultats montrent qu’un champ magnétique existait déjà aux premiers stades de la formation du Système solaire, avec une puissance estimée entre 150 et 600 microteslas, soit 3 à 12 fois l’intensité du champ magnétique terrestre actuel.

Cette découverte remet en question la compréhension de la formation du disque protoplanétaire et des premières étapes de la naissance du Système solaire. Des indices de l’existence d’un champ magnétique avaient déjà été retrouvés dans des matériaux formés quelques millions d’années après le début de la formation du Système solaire, mais cette étude permet de remonter jusqu’aux 200 000 premières années de son histoire.

Gravité et magnétisme ont façonné notre Système solaire

Les champs magnétiques, générés par le mouvement de particules chargées électriquement, pourraient avoir joué un rôle crucial dans l’établissement d’un champ magnétique primordial au sein du disque. La présence d’un tel champ magnétique aurait pu influencer l’évolution du disque protoplanétaire, contribuant à déplacer le gaz vers l’étoile centrale en formation, le Soleil.

Ces résultats montrent que, si la gravité a joué un rôle majeur dans la formation du Système solaire, les champs magnétiques doivent également être pris en compte pour comprendre la dynamique du disque protoplanétaire et les premières étapes de la formation du Soleil.

Source : Futura Sciences

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