Marseille : « On entend crier du matin au soir »
En contrebas de la gare Saint-Charles, la consommation de crack s’est intensifiée dans certains quartiers du centre-ville de Marseille, créant un climat d’insécurité et de désespoir parmi les riverains. Des scènes d’usage de drogue en plein jour, comme celle d’un couple de touristes dépassant des usagères en train de consommer, sont devenues courantes.
Depuis deux ans, l’arrivée de consommateurs parisiens, notamment en raison des Jeux Olympiques, a aggravé la situation. Le crack, un dérivé de cocaïne hautement addictif, est désormais facilement accessible, avec des doses vendues entre 5 et 10 euros. Les associations locales ont identifié une vingtaine de « zones d’intervention prioritaire » où les usagers se rassemblent, notamment autour de la gare, de la porte d’Aix et du quartier des Réformés. Cette dynamique évolue constamment en fonction des opérations policières.
Dans le quartier autour de la place Alexandre-Labadié, les résidents décrivent un quotidien insupportable. « C’est insupportable, on entend crier du matin au soir », témoigne Marie, une habitante. Philippe, un autre résident, évoque des scènes de personnes droguées, parfois étendues au sol, soulignant l’urgence d’une intervention. La fermeture temporaire d’un centre d’accueil pour toxicomanes, « Sleep In », a exacerbé la situation.
Le président du Comité d’intérêt de quartier « Chapitre-Réformés », Thibault Imhoff, alerte sur une « catastrophe sanitaire et sociale ». Il appelle à une reprise du dialogue avec les autorités pour faire face à cette crise. Des pétitions circulent parmi les riverains, qui se sentent démunis face à l’ampleur du problème.
Face à cette urgence, le collectif Tempo, lancé en février, vise à établir une stratégie commune avec des associations et des partenaires pour répondre à cette crise. Marianne Poisson, coordinatrice du projet, souligne que sans endroits sécurisés pour les consommateurs, la situation ne fera qu’empirer.
Source : 20 Minutes

