MaPrimeRénov’ : ces ménages que les nouvelles règles vont laisser de côté
À la mi-juin, le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, a souligné l’importance d’adapter les logements aux canicules, affirmant que le confort d’été doit être équivalent à celui d’hiver. Il a déclaré : « Le but, c’est qu’à la fin, le logement ne soit plus une passoire thermique, plus une bouilloire thermique. »
49 % des foyers ont souffert de la chaleur
Selon le baromètre Énergie-Info 2025 du Médiateur national de l’énergie, 49 % des foyers ont souffert d’un excès de chaleur dans leur logement lors de l’été 2025. Les ménages modestes sont particulièrement vulnérables, leurs logements étant souvent petits, mal ventilés ou situés dans des zones urbaines touchées par les îlots de chaleur.
Cependant, le recours à des pompes à chaleur, que le gouvernement promeut, ne suffira pas. Pierre-François Morin, de Hello Watt, rappelle que « si les murs ne sont pas isolés, ça ne permet pas de se protéger efficacement de l’infiltration de chaleur. » L’isolation est cruciale pour maintenir une température intérieure confortable.
À partir du 1er septembre, l’isolation, les fenêtres et la ventilation ne seront plus financées par MaPrimeRénov’ dans le parcours par geste. Les propriétaires devront se tourner vers les certificats d’économies d’énergie (CEE) ou envisager une rénovation d’ampleur, qui nécessite souvent d’avancer plusieurs dizaines de milliers d’euros et d’attendre plusieurs mois, voire des années, pour l’achèvement des travaux.
« Le reste à charge est élevé »
Isabelle Gasquet, du réseau Cler, souligne que la réduction des primes rend le reste à charge plus élevé pour les projets de travaux ambitieux, rendant l’engagement difficile pour les ménages modestes. En 2025, les plafonds de travaux ont été réduits à 40 000 euros maximum, contre 70 000 euros auparavant. La subvention maximale pour un ménage très modeste a également été divisée par deux, passant de 63 000 euros à 32 000 euros.
De plus, les logements les plus énergivores ne sont pas encore tous contraints à une rénovation globale. Jusqu’à la fin de 2026, les maisons individuelles classées F ou G peuvent encore bénéficier de MaPrimeRénov’ dans le parcours par geste. À partir du 1er janvier 2027, elles seront exclues de ce parcours et ne pourront prétendre qu’à des rénovations d’ampleur.
Le risque est donc de voir certains propriétaires choisir des solutions ponctuelles et accessibles financièrement, sans traiter les causes profondes de la mauvaise performance énergétique de leur logement. Isabelle Gasquet insiste sur la nécessité de mener des travaux globaux. Pour le réseau Cler, les passoires thermiques devraient être prioritaires pour une rénovation complète, afin de protéger leurs occupants tant du froid en hiver que de la chaleur en été. La difficulté réside donc dans la capacité des ménages à financer à la fois l’isolation et les systèmes de chauffage.
Source : DNA.fr

