Gabon : victimes de la crise post-électorale de 2016 demandent vérité et justice

Gabon: dix ans après la crise post-électorale de 2016, les victimes réclament toujours vérité et justice

Gabon : Dix ans après la crise post-électorale de 2016, les victimes réclament toujours vérité et justice

Il y a dix ans, le Gabon a traversé une crise post-électorale sans précédent. Dans la nuit du 31 août au 1ᵉʳ septembre 2016, suite à l’annonce controversée de la réélection d’Ali Bongo, des assaillants ont attaqué le quartier général de son rival Jean Ping, marquant le début d’une semaine de chaos à Libreville, avec des pillages et une répression sévère. Le bilan de ces événements reste flou, et depuis le changement de régime en 2023, les voix des victimes commencent à se libérer, mais leurs demandes de justice et de vérité peinent à être entendues.

Dix ans après ces événements, Gildas-Amour Ngomba Ngomba, membre de l’association Réconciliation, insiste sur la nécessité d’une enquête pour établir les responsabilités. « Ce n’est pas un événement qui s’est fini le 31 août. Jusqu’à aujourd’hui, il continue. Nous sommes pourchassés, parfois jusque dans nos rêves, par ces morts », déclare-t-il. Il appelle à une investigation pour faire émerger la vérité.

Le président Brice Clotaire Oligui Nguema, en fonction depuis 2023, a ouvert la porte à une prise en charge des blessés de 2016, tout en restant prudent sur le sujet. Bien qu’il ait été à l’étranger lors des événements, de nombreux responsables de la sécurité d’alors occupent encore des postes clés aujourd’hui.

Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, député et ancien porte-parole de la campagne de Jean Ping, souligne la gêne ressentie par les nouveaux dirigeants face aux événements de 2016. « Je pense qu’en 2023, les forces de défense et de sécurité ont fait ce qu’elles auraient dû faire en 2016. Elles n’ont pas envie qu’on en parle, mais cela pourrait être plus compliqué pour notre pays de vouloir à tout prix rouvrir ce dossier », explique-t-il.

D’autres voix, comme celle du sénateur Marc Ona Essangui, appellent à un examen de conscience. « Pour guérir de ses bless, il faut que les langues se délient », affirme-t-il. Les principaux responsables de l’époque restent réticents à évoquer ces événements, bien qu’Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien porte-parole du gouvernement, ait proposé une Commission vérité, justice et réconciliation lors de sa campagne présidentielle.

Pour Gildas-Amour Ngomba Ngomba, faire la lumière sur 2016 est essentiel pour éviter que de telles violences ne se reproduisent. « Si on continue à cautionner cela, nous préparons la mémoire collective à revivre ce même type d’événement lors des prochaines échéances électorales », conclut-il.

Source : RFI

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