À la Johannesburg Stock Exchange, des innovations financières aux objectifs environnementaux
L’Afrique du Sud abrite la plus grande bourse d’Afrique, la Johannesburg Stock Exchange (JSE), qui compte environ 400 entreprises cotées et affiche une capitalisation boursière de 1 500 milliards de dollars. Parmi les récentes initiatives, la JSE a introduit une nouvelle obligation verte, lancée en avril, visant à lutter contre les plantes invasives qui menacent les bassins versants autour du Cap.
Sur le parvis de la JSE, une statue moderne symbolise la dynamique du marché avec un ours et un taureau, représentant respectivement la baisse et la hausse des cours. Maurice Madiba, directeur des marchés primaires, décrit cet endroit comme le « Wall Street » d’Afrique. À l’intérieur, des écrans montrent les fluctuations des marchés, tandis qu’une corne de koudou retentit lors de chaque introduction en bourse.
Madiba présente une innovation : des obligations liées aux résultats. Contrairement aux obligations traditionnelles avec un taux d’intérêt fixe, celles-ci établissent un taux minimal et offrent un coupon de performance si le projet financé réussit. Pour ce premier essai, 2,5 milliards de rands (environ 134 millions d’euros) ont été émis sur cinq ans pour le nettoyage des zones de captage d’eau dans la région du Cap. La ville, en quête d’eau, s’engage à rémunérer les gains en eau réalisés par l’organisme chargé de cette tâche. Plus le volume d’eau capté est élevé, plus les revenus générés et les intérêts versés augmentent.
Les travaux sont réalisés par l’ONG internationale The Nature Conservancy, qui souligne que les investissements dans ce domaine sont encore insuffisants. Louise Stafford, la directrice locale, note que cette approche permet de passer d’un financement traditionnel à court terme à un modèle durable à long terme.
Cependant, Patrick Bond, chercheur en économie politique à l’Université de Johannesburg, met en garde contre la financiarisation de la protection de l’environnement. Il questionne la légitimité de laisser le secteur privé tirer profit d’une crise qu’il a contribué à créer.
Si cette nouvelle obligation est jugée réussie, d’autres initiatives similaires pourraient émerger, selon les acteurs du secteur.
Source : RFI

