Déclaration de la FSU au Conseil supérieur de l’éducation – 11 juin 2026
Lors de la séance du Conseil supérieur de l’éducation, la Fédération Syndicale Unitaire (FSU) a exprimé des inquiétudes majeures concernant les choix gouvernementaux qui, selon elle, accentuent les inégalités sociales et territoriales tout en affaiblissant les services publics. La FSU souligne que l’École ne peut être dissociée des évolutions sociétales générales.
La FSU a critiqué la multiplication des projets législatifs qui menacent les libertés publiques et l’État de droit. Elle estime que ces orientations renforcent le pouvoir exécutif au détriment des contre-pouvoirs démocratiques, mettant ainsi en péril les droits sociaux et les libertés associatives.
Le monde associatif, considéré comme un acteur clé de l’émancipation et de la cohésion sociale, subit une pression sans précédent, avec une réduction des subventions étatiques de 40 % sur trois ans. Cette situation entraîne des difficultés économiques pour de nombreuses associations, remettant en cause leur fonctionnement autonome.
La FSU a également souligné la précarité croissante au sein de la fonction publique, exacerbée par le développement de l’emploi contractuel. Elle revendique l’abrogation de la loi de transformation de la fonction publique et appelle à une politique salariale ambitieuse.
Les enjeux d’égalité entre les femmes et les hommes demeurent une préoccupation centrale, notamment en ce qui concerne la sous-valorisation salariale des métiers féminisés dans l’éducation et le soin. La FSU demande une amélioration substantielle des conditions d’exercice pour les Accompagnants d’Élèves en Situation de Handicap (AESH).
Dans le domaine éducatif, la FSU s’oppose à l’utilisation des résultats des évaluations nationales pour définir la carte de l’éducation prioritaire, insistant sur la nécessité de critères sociaux pour cette politique. Elle rejette également la logique de classement des établissements sur la base de la performance scolaire, qui pourrait renforcer les inégalités.
Concernant l’école inclusive, la FSU dénonce la gestion de la pénurie et appelle à un renforcement des moyens humains et à une reconnaissance des métiers de l’accompagnement. Elle s’oppose à des dispositifs qui introduisent un tri précoce des élèves, affirmant la nécessité d’une École qui vise la réussite de tous.
Enfin, la FSU a mis en lumière la détérioration des politiques de protection de l’enfance, affirmant que le désengagement de l’État nuit aux enfants les plus vulnérables. Elle appelle à des choix politiques différents pour relever les défis sociaux, démocratiques, écologiques et éducatifs.
La FSU continue de promouvoir un projet visant à renforcer les services publics et à réduire les inégalités, et s’engage à porter ces revendications dans les mobilisations à venir.
Source : FSU
