La fin de l’ère dorée du Product Manager ?
Le rôle traditionnel du Product Manager (PM) est en pleine transformation, alors que la distinction entre les phases de discovery et de delivery s’estompe. Ce changement ne signifie pas que le product management perd de sa valeur, mais plutôt que les structures sur lesquelles il s’est construit évoluent.
Un métier né de la spécialisation
Le Product Manager a longtemps été un acteur clé dans les organisations technologiques, orchestrant la complexité du développement produit. Il se concentrait sur la compréhension des besoins, la priorisation des tâches et la coordination des équipes. Ce modèle, basé sur une rareté des ressources techniques, a permis de structurer le travail autour d’une mécanique bien définie.
La montée d’un nouveau profil : le Product Builder
De nouvelles tendances émergent sur le marché de l’emploi, notamment aux États-Unis, où les offres de postes pour des « Product Builders » se multiplient. Des entreprises comme Decagon ou SoFi recherchent des profils capables de construire des produits de manière autonome, intégrant des outils d’intelligence artificielle. Walmart a même rapporté qu’en 2026, ils avaient comblé tous leurs postes d’agent builder, avec des profils techniques et non techniques.
Un PM augmenté jusqu’à l’autonomie
Le Product Builder représente une évolution du PM traditionnel, capable de prototyper, de créer des maquettes et de corriger des bugs sans passer par des équipes techniques. Selon Mind the Product, le nombre d’offres d’emploi pour PM a chuté à moins de 24 000 dans le monde en septembre 2024, un déclin par rapport aux niveaux plus élevés des années précédentes. Cela indique un changement dans la demande, les entreprises recherchant davantage d’autonomie dans l’exécution plutôt que du volume managérial.
La vraie mutation : moins de coordination, plus d’exécution
Cette évolution ne signifie pas la disparition du product management. Les compétences d’analyse des besoins et de construction de produits utiles restent essentielles. Cependant, un Product Builder, bien équipé, peut désormais couvrir une part significative du processus seul. Les entreprises qui adaptent leurs PM en Product Builders prennent une avance compétitive en expérimentant plus rapidement et en réduisant les frictions d’exécution.
En conclusion, la fin de l’ère dorée du Product Manager n’est pas une mauvaise nouvelle. À l’horizon 2027, une équipe produit performante pourrait se composer d’un Product Builder, d’un lead tech et de technologies adaptées pour optimiser la fiabilité et la rapidité de mise sur le marché.
Source : Journal du Net