Fête de la libération : l’étrange oubli
Les cérémonies de décoration se poursuivent au Gabon, mais le Parlement de la Transition n’a toujours pas reçu la reconnaissance symbolique qui lui revient. Au-delà des médailles décernées, cette situation soulève des questions sur la version de l’histoire qui est consignée.
Le 30 août dernier, à Makokou, plusieurs personnalités ont été honorées par la médaille de la libération, devenant ainsi des « Compagnons de la libération ». Cette distinction, instaurée par le décret n° 294/PT-PR/GCONA du 31 juillet 2024, vise à récompenser ceux qui se sont illustrés durant la Transition. Bien que le principe de cette reconnaissance soit louable, il met en lumière l’absence de mention des anciens parlementaires de la Transition, dont la contribution semble peu appréciée près d’un an après la fin de leur mission.
Durant leur mandat, ces parlementaires ont joué un rôle clé, participant à l’élaboration des lois nécessaires pour les consultations électorales, incluant le référendum constitutionnel et les élections présidentielles, législatives et locales. En septembre 2024, ils ont également été responsables de l’analyse de l’avant-projet de Constitution, soumettant près de 800 amendements. Leur travail, bien que parfois controversé, a été déterminant pour le retour à l’ordre constitutionnel.
La Charte de la Transition ne prévoyait pas de distinctions pour ces parlementaires, ce qui soulève des interrogations sur la raison de leur omission. Est-ce une simple négligence ou une décision politique ? En l’absence d’explications officielles, diverses hypothèses circulent.
La reconnaissance institutionnelle est essentielle pour la construction du récit national. En honorant certains acteurs tout en en ignorant d’autres, la version de la Transition qui est retenue pourrait être biaisée. Si cette situation perdure, cet oubli pourrait susciter des interrogations pendant de nombreuses années.
Source : GabonReview.com

