Transformations de la santé en France : accès aux soins, désinformation et IA en débat

Transformations de la santé : accès aux soins, désinformation, IA

Transformations de la santé : accès aux soins, désinformation, IA

Accès aux soins sous tension, désinformation, évolution des métiers de la santé, impact de l’intelligence artificielle : les défis auxquels fait face notre système de santé sont clairement identifiés. C’est précisément l’objet du colloque « L’Université au cœur des transformations de la santé », organisé par France Universités et le think tank Portiqo, qui a réuni à Paris, universitaires, chercheurs, étudiants, professionnels de santé et acteurs publics.

La désinformation en santé, un enjeu central

Jean-François Delfraissy a souligné l’importance d’un cadre démocratique en santé : « La décision, elle est politique. L’éclairage, il est scientifique. Et l’information, elle doit être donnée aux citoyens. » Il a également affirmé que « Les Français font confiance à la science. » Cette confiance est essentielle dans un contexte où la désinformation peut influencer les comportements et fragiliser la relation au savoir scientifique. Mathieu Molimard a noté que « la santé est aujourd’hui le premier sujet de désinformation. »

Un accès aux soins qui ne se résume pas au nombre de médecins formés

La question des déserts médicaux a occupé une place centrale dans les échanges. Les participants ont convenu qu’augmenter le nombre de professionnels de santé ne suffit pas à résoudre les difficultés d’accès aux soins. Sonia de La Provôté a précisé : « Ce n’est pas l’augmentation du numerus clausus qui va régler la question de l’accès aux soins dans les territoires. » Les leviers à explorer incluent la répartition des professionnels, les conditions d’exercice et l’organisation du système de santé.

Des métiers en transformation

L’intégration des formations paramédicales à l’université est en cours, avec des enjeux pédagogiques, territoriaux et professionnels. Christine Ammirati a précisé qu’il s’agit d’une « intégration pédagogique au sein de l’université, et non d’une intégration organique. » Cette démarche vise à renforcer les liens entre formation, recherche et pratiques, tout en préservant le maillage territorial des instituts.

L’intelligence artificielle, entre opportunités et vigilance

L’intelligence artificielle transforme déjà la recherche et les pratiques en santé. Mustapha Ouladsine a indiqué que « la capacité à traiter des données numériques massives change déjà la donne. » Cependant, cela soulève des questions sur l’usage de ces technologies et la place des professionnels de santé. Clémentine Body a résumé : « Prédire ne veut pas dire décider, générer du contenu ne veut pas dire comprendre, et automatiser n’est pas remplacer. »

Le rôle structurant des universités

Dans ce contexte, le rôle des universités est central. Lamri Adoui, président de France Universités, a rappelé que « la santé, ce n’est pas seulement une affaire de soins. C’est aussi — et peut-être d’abord — une affaire de connaissances, de formation et de recherche, au cœur des missions de l’université. » En France, près de 150 000 étudiants sont formés en santé, dont plus de 100 000 en médecine.

Face aux enjeux contemporains tels que le vieillissement de la population et les maladies chroniques, les universités sont en première ligne pour former des professionnels de santé et diffuser des connaissances scientifiques.

En conclusion, Philippe Ruszniewski a insisté sur la nécessité de penser ces transformations de manière globale, en articulant formation, recherche, organisation des soins et information des citoyens.

Sources : France Universités, think tank Portiqo.

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