L’IA ne remplacera pas les emplois, mais elle en redéfinira la valeur
L’essor de l’intelligence artificielle (IA) suscite de vives inquiétudes quant à l’avenir de certains métiers. En Chine, un tournant a été pris dès 2021 avec une réforme nationale visant à réorienter les études vers les technologies, entraînant la suppression de plus de 12 000 programmes universitaires, soit 30 % de l’offre, notamment dans les domaines des arts, des sciences humaines, des langues et de la gestion. Bien que les grandes inventions aient généralement des répercussions positives sur l’économie, elles engendrent également des coûts sociaux.
Gregory Verdugo, professeur des universités en sciences économiques à CY Cergy Paris Université et auteur de l’IA et l’emploi (Presses de Sciences Po, 2025), analyse les effets de cette révolution technologique sur les compétences, les métiers et le marché du travail.
Le concept économique de « destruction créatrice » évoque l’idée que l’innovation peut rendre obsolètes certaines activités. Ce principe s’applique-t-il à l’IA ? Selon Verdugo, cela est indéniable. Il explique que cette forme de destruction créatrice signifie qu’une nouvelle technologie permet de produire différemment, rendant certaines activités moins nécessaires. L’exemple du transport est révélateur : avec l’avènement du moteur à combustion, les professions liées aux chevaux et aux voitures hippomobiles ont progressivement disparu. Certains travailleurs ont perdu leur emploi, tandis que d’autres se sont reconvertis vers de nouveaux métiers, tels que mécaniciens ou conducteurs automobiles. L’IA devrait suivre cette même logique.
En conclusion, bien que l’IA transforme le paysage professionnel, elle ne se contente pas de remplacer des emplois ; elle redéfinit également la valeur des compétences requises sur le marché du travail.
Source : La Vie

