Turkish Airlines, grande gagnante de la guerre au Moyen-Orient
Le trafic des compagnies aériennes moyen-orientales a chuté de 30 % entre avril et juin 2023, perturbé par le conflit en cours dans la région. Cette situation a entraîné une perte significative de flux de correspondance pour les grands hubs aéroportuaires du Golfe, au profit d’Istanbul.
Alors que Dubaï reste le premier aéroport international au monde avec 4,5 millions de sièges programmés en août, ce chiffre a diminué de 15 % par rapport à l’année précédente, marquant la plus forte baisse parmi les dix principaux aéroports mondiaux. Selon l’Association internationale du transport aérien (IATA), près de la moitié du trafic à Dubaï et Abou Dhabi ainsi que près des trois quarts à Doha étaient générés par des passagers en correspondance. Cependant, les restrictions imposées aux espaces aériens iranien et irakien ont considérablement affecté cette dynamique.
La géopolitique actuelle a aussi eu un impact sur les compagnies aériennes européennes, qui ont réduit leurs liaisons vers le Golfe en raison des risques associés. Les vols entre l’Europe et l’Asie empruntent désormais deux grands corridors, favorisant Istanbul, qui se situe à l’entrée de la route nord.
Paul Chiambaretto, directeur de la Chaire Pégase à l’école Montpellier Business School, souligne que « Turkish Airlines est actuellement la grande gagnante de la situation ». La compagnie aérienne turque a vu sa clientèle augmenter de 5 % depuis le début du conflit. En juillet, ses capacités vers le Moyen-Orient ont diminué de 25 %, tandis que celles vers l’Europe et l’Asie orientale ont progressé de 6 % et 16 % respectivement.
Ce redéploiement vers l’Europe et l’Asie-Pacifique, où le trafic a augmenté de 14 % au deuxième trimestre, soulève des questions sur le retour éventuel des passagers vers le Golfe une fois la situation stabilisée. Les compagnies du Golfe, telles qu’Emirates et Qatar Airways, tentent de rétablir leurs capacités, respectivement à 92 % et 85 % de leurs niveaux d’avant le conflit.
À long terme, les hubs du Golfe pourraient être menacés par l’arrivée de nouvelles générations d’appareils capables de réaliser des liaisons directes entre villes secondaires, contournant ainsi les escales traditionnelles.
Source : IATA, OAG.

