Le Cap Fréhel face à des défis écologiques après l’incendie de l’arche de Noé

Il est important de sauver cette arche de Noé : après le feu, le lent réveil du Cap Fréhel

Un mois et demi après l’incendie qui a ravagé 38 hectares de landes au Cap Fréhel, dans les Côtes-d’Armor, la nature commence déjà à reprendre ses droits. Cependant, selon les experts, la renaissance prendra de quelques années à une décennie.

Au Cap Fréhel, le jaune des ajoncs et le rose des bruyères ont disparu sous le noir des cendres laissées par l’incendie du 12 juillet dernier. Ce paysage de désolation commence toutefois à montrer des signes de renaissance. Philippe Quéré, animateur Natura 2000 du Grand Site, souligne que « la nature est programmée pour ça ». En quelques semaines, diverses espèces et milieux vont commencer à se rétablir.

Des couleurs commencent à réapparaître dans le paysage, indiquant une reprise plus ou moins rapide selon la sécheresse de la lande et le type de végétation. Sur les zones les plus humides, des brins d’herbe émergent déjà. Selon Philippe Quéré, il faudra « deux à trois ans » pour que la végétation soit complètement rétablie. En revanche, pour les landes plus sèches, le délai est estimé à « quatre-cinq ans », et « une dizaine d’années » pour celles situées sur la falaise, où le ruissellement de la pluie pourrait éliminer les nutriments nécessaires.

Bien que le feu ait détruit la végétation en surface, certaines graines présentes dans le sol peuvent résister aux flammes et germer après l’incendie. Philippe Quéré précise que « tout ce qui n’est pas brûlé va pouvoir reprendre vie », à condition que le feu n’ait pas été trop intense.

Néanmoins, la nature ne tolère pas le piétinement. Des interdictions de passage sont toujours en vigueur sur une partie de l’itinéraire GR34 affectée par les flammes, afin de permettre à la nature de se rétablir en toute tranquillité. Philippe Quéré indique qu’il faudra plusieurs mois avant de pouvoir rouvrir ces zones au public.

Depuis le 14 août, le département des Côtes-d’Armor est en état de crise sécheresse, le niveau d’alerte le plus élevé. Ce contexte difficile pourrait ralentir la régénération de la végétation. En 1850, la Bretagne comptait un million d’hectares de landes, contre seulement 22 000 aujourd’hui. Philippe Quéré insiste sur l’importance de préserver cette « arche de Noé » qu’est le Cap Fréhel.

Source : France Télévisions

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