L’URSS a placé seize réacteurs nucléaires en orbite de rebut depuis les années 1970
Neuf cents à mille kilomètres au-dessus de nos têtes, dans une région d’orbite basse que les satellites actifs évitent soigneusement, dérivent des milliers de billes métalliques figées, vestiges d’un programme militaire soviétique vieux de plus d’un demi-siècle. Ces gouttes de sodium-potassium, certaines larges comme une balle de golf, proviennent de seize réacteurs nucléaires dont le système de refroidissement s’est rompu au moment même où l’URSS croyait les avoir mis en sécurité.
Contexte factuel
Le programme, nommé RORSAT (Radar Ocean Reconnaissance Satellite), visait à surveiller en temps réel les porte-avions et sous-marins de l’OTAN grâce à un radar actif. Étant donné les besoins énergétiques élevés, les Soviétiques ont opté pour un petit réacteur nucléaire, le BES-5, embarqué dans chaque satellite. Entre 1967 et 1988, trente-trois satellites ont été lancés à une altitude de 200 à 250 km. Pour éviter que ces réacteurs ne retombent sur Terre, un système d’éjection devait propulser le cœur radioactif vers une orbite de rebut.
Données ou statistiques
Le premier incident majeur s’est produit le 24 janvier 1978, lorsque le satellite Kosmos-954 est retombé sur le Canada, dispersant des débris radioactifs sur 124 000 km². Suite à cet événement, les Soviétiques ont amélioré le système d’éjection pour les seize satellites suivants, lancés entre 1980 et 1988. Environ 128 kg de métal liquide, un alliage de sodium et de potassium, se sont échappés des systèmes de refroidissement primaire des réacteurs BES-5 lors de ces éjections.
Conséquence directe
Dans le vide spatial, ce métal liquide se fige en billes sphériques, générant des retours radar facilement détectables. Bien que leur radioactivité soit quasi nulle, leur vitesse de près de 27 000 km/h représente un risque pour les satellites en orbite. Ces résidus continuent de poser un danger, rappelant que les conséquences des programmes militaires de la Guerre froide persistent encore aujourd’hui.
Sources : spacedaily.com, ntrs.nasa.gov

