Vins des Hauts-de-France reconnus par les Vignerons indépendants pour leur qualité.

Des vins très bien finis : le vignoble des Hauts-de-France s’affirme

Longtemps considéré comme une curiosité, le vignoble des Hauts-de-France s’impose aujourd’hui dans les restaurants étoilés. À Fresnicourt-le-Dolmen, Laurianne Carbonnaux, vigneronne du domaine « Terre de Grès », redonne vie à un terroir médiéval, marquant un tournant dans la viticulture de la région.

À Fresnicourt-le-Dolmen, dans le Pas-de-Calais, les rangs de vigne dessinent un paysage atypique sur des terres traditionnellement dédiées au houblon. Pour Laurianne Carbonnaux, qui a planté ses premiers ceps il y a cinq ans, les vendanges de cette année, qui débuteront début septembre, sont une première. Elle déclare : « Je pensais ne jamais voir de vendanges en septembre de ma carrière, et ça va faire la deuxième. » Ce millésime précoce confirme que le vignoble des Hauts-de-France s’affirme comme une véritable aire viticole française.

Il y a cinq ans, Laurianne Carbonnaux s’est lancée dans cette aventure sans savoir qu’une quinzaine d’autres vignerons dans le Nord, le Pas-de-Calais, la Somme, l’Aisne ou l’Oise faisaient le même choix. « On avait tous planté un peu de notre côté et, au bout de deux, trois ans, on s’est tous retrouvés », raconte-t-elle. De cette rencontre est née l’association des vignerons des Hauts-de-France, devenue depuis une fédération reconnue. « Le Syndicat national des vignerons indépendants a reconnu notre travail et a accepté de transformer notre association en 33e fédération de France des vignerons indépendants », précise-t-elle.

Lors d’une dégustation à l’aveugle, le chardonnay 2023 de Terre de Grès a été goûté par Dominique Laporte, meilleur sommelier de France, qui a été surpris par la qualité du vin, le confondant initialement avec des références de Bourgogne. « Je ne savais pas qu’il y avait d’aussi belles choses dans le Pas-de-Calais », a-t-il déclaré. La cuvée de Carbonnaux est désormais servie dans des établissements prestigieux comme le Château de Beaulieu.

Laurianne Carbonnaux a également découvert des traces de vignes plantées dès le Xᵉ siècle près de son domaine. Ces vignes ont disparu en raison de divers facteurs, notamment le phylloxéra, des périodes de gel intense, et la montée en puissance de la bière dans la région. Aujourd’hui, la renaissance du vignoble est également due à un assouplissement de la réglementation sur la plantation de vignes en France depuis 2016.

Les vignerons de la région ont choisi des cépages adaptés au climat, privilégiant ceux à débourrement tardif et à maturité précoce. « On fait des vins frais, mais on a aussi été surpris de faire des vins avec de la matière, du corps, de la longueur en bouche, des vins très bien finis », souligne Laurianne Carbonnaux. Elle s’attend à un millésime 2026 de qualité, malgré une réduction de volume due à la sécheresse estivale.

En conclusion, Laurianne Carbonnaux exprime une certitude : « On a réussi à faire un bon vin dans les Hauts-de-France, dans le Pas-de-Calais, et ça plaît. »

Source : France 3 Régions

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