Villes fantômes en Chine : la crise immobilière s’intensifie
Alors que les prix de l’immobilier continuent de chuter en Chine depuis l’éclatement de la bulle immobilière en 2020, de nombreux projets restent abandonnés, donnant naissance à d’immenses quartiers « fantômes » en périphérie de plusieurs grandes villes. Certains habitants choisissent néanmoins de s’installer dans ces zones vides, afin de réduire leur loyer de moitié.
Ces quartiers inoccupés sont devenus le symbole de la crise immobilière en Chine. Dans de nombreuses villes, des tours et des ensembles d’immeubles se retrouvent aujourd’hui sans occupants ou en chantier depuis des années, sans perspective de finition.
Le gratte-ciel « Goldin Finance 117 », qui devait culminer à 595,5 mètres, est l’un des plus emblématiques. Situé à Tianjin, cette ville portuaire de 15 millions d’habitants, les travaux de ce bâtiment ont débuté en 2008, mais ont été interrompus en raison de l’endettement de son promoteur. « Il fallait trop de financements, le montant de capital nécessaire était simplement trop important », a déclaré un ouvrier impliqué dans le projet.
La construction de ce gratte-ciel a pratiquement cessé après que son promoteur, Goldin Properties, basé à Hong Kong, a rencontré des difficultés financières après le krach boursier chinois de 2015. Les travaux ont repris en avril 2025 suite à une décision de justice, et l’achèvement est prévu pour le premier semestre 2027.
La crise immobilière prolongée a également des répercussions sur le marché. Les prix des logements stagnent et, dans certains cas, diminuent. Entre janvier et juin, les investissements dans le développement immobilier ont chuté de 18 % sur un an, avec un recul de 17,8 % dans le secteur résidentiel, selon des données officielles.
La population chinoise, qui diminue depuis quatre ans, a également un impact sur cette situation. Avec un taux de natalité de 5,63 naissances pour 1.000 habitants, sous le seuil de renouvellement, la demande pour de nouveaux logements est en déclin.
Malgré ces difficultés, certains habitants voient ces « villes fantômes » comme une opportunité. À Huizhou, une ville de 3 millions d’habitants, des personnes choisissent de vivre dans des appartements vacants, profitant de loyers réduits. Une habitante a ainsi déclaré qu’elle paie 1.300 yuans (environ 167 euros) par mois, un tarif inférieur à celui des villes moyennes, alors que le logement représentait en moyenne 24 % du budget d’un ménage chinois en 2021.
La situation actuelle souligne une crise immobilière qui ne semble pas prête à se résorber, alors que le gouvernement chinois se concentre sur la relance de la consommation plutôt que sur le secteur immobilier.
Source : AFP

