André Breton et Nadja : Un siècle de surréalisme et de tragédie
Il y a cent ans, André Breton rencontrait Nadja dans les rues de Paris. Leur brève liaison, qui s’est déroulée du 4 au 13 octobre 1926, a inspiré le chef-d’œuvre surréaliste Nadja, publié en 1928. Ce récit, qui célèbre la « beauté convulsive », dépeint aussi un amour unilatéral et troublant.
La figure mythique de Nadja, de son vrai nom Léona Delcourt, révèle une réalité tragique. À cette époque, elle vivait à Paris, menant une carrière précaire de danseuse, d’actrice et d’entraîneuse dans des bars. Son parcours, marqué par la souffrance, a longtemps été sous-estimé.
Cette année, Nadja est inscrit au programme de l’Agrégation de lettres. En parallèle, les éditions Gallimard publient les Lettres de Nadja à André Breton, qui regroupent 51 lettres et textes écrits après leur rencontre. Ces écrits, empreints de lucidité et de lyrisme, témoignent de son désespoir. Internée le 21 mars 1927 suite à une crise délirante, Léona Delcourt a terminé sa vie à l’asile de Bailleul, où elle est décédée le 15 janvier 1941.
Une exposition à la Galerie Gallimard, du 4 septembre au 3 octobre, présente un choix de lettres et de dessins destinés à Breton. Par ailleurs, l’essai d’Ella Balaert, Léona D. La femme cachée dans le mythe de Nadja, a été publié récemment, offrant un éclairage sur la vie de Léona D. et son parcours.
La publication des Lettres et l’exposition rappellent l’importance de recontextualiser des figures historiques souvent réduites à des mythes littéraires.
Source : Fabula

