La recherche française en déclin face à la Chine et aux grandes puissances scientifiques.

La recherche française en plein décrochage face à la Chine et aux autres grandes puissances

La recherche française en déclin face à la compétition mondiale

La France est-elle en train de perdre sa place dans la bataille scientifique mondiale ? C’est le constat alarmant dressé par l’Observatoire des sciences et techniques (OST) dans une étude récente. En analysant deux décennies de recherche, de 2005 à 2024, l’organisme rattaché au Hcéres (Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur) révèle un déclin non seulement face à la Chine et à l’Inde, mais également par rapport à des concurrents européens et d’autres pays comparables.

L’un des indicateurs les plus significatifs est l’« audience scientifique », qui me la part des références mondiales d’un pays. La France est passée de 4,3 % en 2005 à 2,7 % en 2024, marquant une chute de 37,2 %. Parallèlement, le pays a reculé de la cinquième à la dixième position mondiale. Le Canada, l’Italie, l’Australie et l’Inde ont dépassé la France depuis 2015.

En ce qui concerne la production scientifique, la part de la France dans les publications mondiales a chuté de 4,1 % à 1,9 % en vingt ans, soit une réduction de 53,7 %. Ce déclin, loin d’être récent, a été particulièrement marqué entre 2011 et 2019, période durant laquelle la France a été surpassée par des pays tels que l’Inde, l’Italie, la Corée du Sud et l’Espagne.

Dans le domaine des sciences physiques et de l’ingénierie, la situation est encore plus préoccupante. La part française a chuté de 4,3 % à 1,9 %, représentant une baisse de 55,8 %. Ce secteur a vu la France dépassée par l’Inde, l’Italie, la Corée du Sud et la Russie.

Le rapport de l’OST souligne également que la qualité des travaux français a diminué. L’impact moyen des publications françaises a baissé de 10 % entre 2005 et 2023, atteignant un indice de 0,9, tandis que celui de la Chine est de 1,2. Dans les sciences physiques et de l’ingénierie, l’impact français a chuté de 25 % depuis 2011, se plaçant derrière l’Italie et l’Allemagne.

Cette dynamique de déclin s’accompagne d’une réduction de la contribution française aux publications les plus prestigieuses, qui est passée de 3,9 % à 1,9 % en vingt ans. En sciences physiques et de l’ingénierie, cette contribution a chuté de 66 %.

Le paysage scientifique mondial est en pleine mutation, avec la Chine devenant le premier contributeur mondial, représentant 28,3 % des publications en 2024, contre 14 % pour les États-Unis. Dans les sciences physiques et de l’ingénierie, la Chine représente même 38,7 % de la production mondiale.

L’OST met en garde contre une interprétation trop optimiste de la situation française. Les prix Nobel et autres distinctions ne suffisent plus à refléter la réalité d’un système en déclin. Le rapport appelle à une prise de conscience des défis auxquels la recherche française est confrontée, notamment en matière de financement et de gestion des carrières.

Sans réaction rapide, les tendances observées risquent de s’accentuer, affectant non seulement le monde académique, mais aussi la souveraineté technologique et la capacité d’innovation de la France.

Source : Observatoire des sciences et techniques (OST)

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