Niger : Mutinerie à Niamey, l’armée tente de reprendre le contrôle
Dans un communiqué diffusé sur la télévision nationale, le gouvernement du Niger a annoncé qu’il s’efforçait de « reprendre progressivement le contrôle » face à une mutinerie. Le ministre de la Défense a déclaré qu’un « groupe de soldats en rupture avec le règlement militaire » avait commencé à séquestrer certains de leurs camarades à la caserne de la base 101 de Niamey, tout en effectuant des tirs sur des sites sensibles de la capitale.
Interruption des médias publics
Les tensions à Niamey ont conduit à une coupure prolongée des services de la radio nationale et de la télévision publique, qui ont repris leurs programmes vers 11h (GMT + 1). Les événements ont débuté tôt ce samedi matin, avec des tirs nourris et des explosions signalés dans plusieurs quartiers de la ville, notamment autour de l’aéroport international Diori Hamani.
Des témoins ont rapporté que les premiers coups de feu avaient été entendus vers 1h du matin. Les échanges de tirs et les explosions se sont concentrés autour de la base militaire 101, située à proximité de l’aéroport.
Communication officielle et appel au calme
Sur la page Facebook du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), un appel au calme a été lancé, exhortant la population à éviter de relayer des informations non vérifiées. Les réseaux sociaux ont également rapporté des tirs et des explosions dans la zone administrative de la capitale, qui abrite le palais présidentiel et d’autres bâtiments officiels.
Des images circulant en ligne montrent des véhicules blindés déployés dans des quartiers proches de l’aéroport, bien que des sources militaires affirment que la situation est « sous contrôle ».
Un site stratégique souvent ciblé
L’aéroport international de Niamey est un point névralgique du pays, ayant été la cible de deux attaques par des groupes djihadistes depuis le début de l’année. En janvier, une attaque revendiquée par l’État islamique avait été repoussée, et en juin, une offensive du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) avait entraîné la mort de 11 militaires et de deux civils.
La base aérienne 101, qui se trouve sur le site de l’aéroport, abrite des installations stratégiques, y compris des éléments de l’Africa Corps, partenaire militaire russe, ainsi que l’état-major de la force unifiée de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Contexte sécuritaire fragile
Depuis le coup d’État de juillet 2023, dirigé par le général Abdourahamane Tiani, le CNSP fait face à une insécurité persistante. Malgré un rapprochement avec la Russie et des changements d’alliances militaires, les attaques djihadistes demeurent fréquentes, en particulier dans la région de Tillabéry, aux frontières du Mali et du Burkina Faso. Le Niger, tout comme ses voisins de l’Alliance des États du Sahel, est confronté à une menace armée qui met à l’épreuve les capacités sécuritaires du pouvoir militaire.
Source : DW Afrique

