Baignade dans l’Isère reportée en raison de la mauvaise qualité de l’eau
Cela devait être une grande première : une baignade collective dans l’Isère, organisée par la mairie de Grenoble, était prévue ce dimanche 30 août. L’événement est reporté au 12 septembre en raison de la qualité de l’eau, mais le Collectif des gens qui ont chaud sera quand même sur place.
C’était une promesse de campagne de Laurence Ruffin, maire de Grenoble : rendre l’Isère baignable. Le premier grand bain organisé par la mairie était prévu ce dimanche, mais les analyses réalisées par la ville ont montré que la qualité de l’eau est insuffisante. L’événement est donc reporté au 12 septembre au même endroit, au départ du quai Jongkind (ponton de l’aviron).
Ce dimanche, des membres du Collectif des gens qui ont chaud seront présents sur place, « et en maillot de bain », confirme Élise Lemercier, membre du collectif. L’occasion d’inviter le public à recréer des liens avec l’Isère et ses berges, en attendant le « grand splash » municipal.
Pour ouvrir un site de baignade dans l’Isère, la mairie de Grenoble fait réaliser des prélèvements d’eau à un laboratoire indépendant. Cela permet de vérifier la quantité de bactéries susceptibles d’entraîner des gastroentérites dans l’eau, un procédé similaire à celui utilisé pour évaluer la qualité d’eau de baignade des plages. L’Agence régionale de santé (ARS) fixe des seuils à partir desquels la baignade peut être considérée sans danger.
« Les données disponibles sont globalement favorables à une baignade dans l’Isère. Toutefois, les dernières analyses microbiologiques réalisées par un laboratoire indépendant montrent un dépassement du seuil recommandé par l’ARS », indique le communiqué de la mairie.
« C’est vraiment, vraiment un principe de précaution », observe Élise Lemercier. « On sait que la pollution se dilue à peu près en 25 heures dans la rivière. L’ARS interdit la baignade, dans ces conditions la mairie ne peut pas prendre ce risque, mais nous, Collectif, on ira peut-être se tremper. »
Le Collectif invite le public à profiter des berges, même sans se baigner, en prônant une façon de vivre la ville différemment : pique-niquer, comprendre le milieu, jouer dans le sable, tremper les pieds.
Élise Lemercier ne se veut pas alarmiste quant à la qualité de l’eau. « On dit qu’il faut attendre 24 à 48 heures après un gros orage, car cela entraîne des déversements d’eaux usées dans le milieu. La Métropole fait des efforts, mais il y en a toujours », souligne-t-elle.
Pierre-Louis Serrero, membre du Parlement de la rivière Isère, souligne que la pollution est l’un des principaux freins à la création d’un lien entre les Grenoblois et l’Isère. « L’horizon est de changer notre relation à cette rivière, mais le préalable est de santé publique », interroge-t-il, appelant à plus d’investissement de la puissance publique.
Le 12 septembre, le rendez-vous est fixé à partir de 13 h 30 jusqu’à 17 h 30, 50 Rue Bizanet pour s’inscrire et s’équiper. L’événement est gratuit et ouvert à tous, à partir de 8 ans.
Source : France 3 Régions

