Islande : vote serré ce samedi sur la reprise des négociations d’adhésion à l’UE

Islande. Un pas vers l'Union européenne ? Un vote serré sur la reprise des négociations attendu ce samedi

Un pas vers l’Union européenne ? Un vote serré sur la reprise des négociations attendu ce samedi

Rester au large ou s’arrimer au continent européen ? C’est le choix qui s’offre ce samedi à plus de 272 000 électeurs islandais, appelés à se prononcer pour ou contre la reprise des négociations d’adhésion à l’Union européenne (UE). Plus de 13 000 votes anticipés ont déjà été enregistrés, et les instituts de sondage annoncent un scrutin serré. Thorgerdur Katrín Gunnarsdóttir, ministre islandaise des Affaires étrangères, a déclaré que le Parlement serait consulté immédiatement après le vote, et que la décision des Islandais sera respectée par le gouvernement. En cas de vote positif, un nouvel accord avec Bruxelles nécessiterait un référendum et probablement une modification de la Constitution ainsi qu’une ratification par les Vingt-Sept.

L’Islande avait déposé une demande d’adhésion à l’UE en 2009, à la suite de la crise financière, mais les discussions avaient été interrompues en 2013 par une coalition eurosceptique. Le retrait de la candidature islandaise n’a jamais été formalisé.

Si le « oui » l’emporte, le processus d’adhésion pourrait avancer rapidement. Membre de l’Espace économique européen (EEE), l’Islande participe déjà au marché intérieur européen, et une partie de sa législation est alignée sur celle de Bruxelles. Sur les 35 chapitres nécessaires, 27 ont été ouverts et 11 ont été provisoirement clos.

Le secteur de la pêche a longtemps constitué un obstacle majeur à l’adhésion à l’UE. Après la dernière « guerre de la morue » avec le Royaume-Uni, de nombreux Islandais hésitent à céder à Bruxelles une partie du contrôle de leurs eaux. Thorgerdur Katrín Gunnarsdóttir a assuré que Reykjavik exigerait le maintien de sa souveraineté dans ce domaine, une demande qui pourrait être difficilement compatible avec la politique commune de la pêche de l’UE, sachant qu’environ 40 % des exportations islandaises proviennent de la mer.

Outre la pêche, d’autres préoccupations influencent le référendum. L’économie islandaise, bien que redevenue prospère, souffre d’une inflation et de taux d’intérêt élevés. La banque centrale a récemment augmenté son taux pour la troisième fois depuis le début de l’année, rendant l’adoption de l’euro attrayante pour les ménages endettés.

La question sécuritaire est également cruciale, notamment avec le contexte géopolitique actuel et l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Bien que membre de l’OTAN, l’Islande ne dispose d’aucune armée, sa défense étant assurée par les États-Unis selon un accord de 1951. Cependant, la fiabilité de cette protection est remise en question. Eirikur Bergmann, professeur de sciences politiques à l’université de Bifröst, souligne que les inquiétudes géopolitiques influencent le débat, surtout face à l’agressivité perçue à l’égard du Groenland.

Source : DNA.fr

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