L’armée américaine envoie un signal radar vers la Lune, confirmant la transmission radio.

En 1946, l'armée américaine a envoyé une impulsion radar vers la Lune, son écho est revenu 2,5 secondes plus tard, prouvant que les signaux radio pouvaient quitter la Terre

Le projet Diana : Une percée dans la communication radio

Le 10 janvier 1946, une équipe du Signal Corps de l’armée américaine a réalisé le premier tir de radar lunaire depuis Camp Evans, à Fort Monmouth, dans le New Jersey. En envoyant une impulsion vers la Lune, l’écho est revenu 2,5 secondes plus tard, confirmant ainsi que les signaux radio pouvaient quitter la Terre et franchir l’ionosphère, jusqu’alors considérée comme infranchissable par de nombreux physiciens.

Contexte du projet

À la fin de 1945, alors que la Seconde Guerre mondiale touchait à sa fin et que de nombreux scientifiques militaires attendaient leur démobilisation, le lieutenant-colonel John DeWitt a rassemblé une équipe de volontaires. L’objectif principal était de déterminer si un radar pouvait détecter des missiles balistiques à longue portée. En visant la Lune, l’équipe souhaitait tester cette capacité dans des conditions extrêmes.

Détails techniques de l’expérience

L’équipe a modifié un radar SCR-271, un appareil hérité de la guerre. Ils ont conçu un réseau de 64 dipôles pour concentrer le faisceau, avec une puissance de 50 kW par impulsion. Un récepteur ultrasensible a été élaboré pour filtrer le bruit cosmique et les interférences atmosphériques. À 11 h 58, l’antenne a émis des impulsions à 111,5 MHz. Les déflexions mesurées sur l’oscilloscope ont indiqué une distance d’environ 383 000 km, correspondant au temps prédit pour un aller-retour à la vitesse de la lumière.

Impact sur la science et l’exploration spatiale

Avant cette expérience, la communauté scientifique doutait de la capacité des impulsions haute fréquence à traverser l’ionosphère. Le succès du tir a invalidé cette hypothèse. Les ajustements Doppler liés au mouvement de la Lune ont également été pris en compte, validant la fiabilité du système. Ce tir a constitué la première me active de la distance Terre-Lune par signal hertzien.

À partir des années 1950, cette technique de radar lunaire a été réutilisée par les astronomes pour mer la distance et les propriétés des objets du système solaire. En mai 2019, l’IEEE a reconnu le projet Diana comme un jalon historique en ingénierie, avec une plaque commémorative installée au camp Evans.

Source : Science et Vie, IEEE ETHW.

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