Ce n’est pas acceptable : à la COP17, la société civile exclue des débats
Oulan-Bator (Mongolie), 24 août 2026 — La 17e Conférence des parties sur la lutte contre la désertification, qui se tient à Oulan-Bator, a été marquée par une opposition inattendue entre la Russie et les États-Unis lors de l’ouverture, le 17 août. Ce blocage a empêché la présentation de l’ordre du jour, plongeant le sommet dans une incertitude qui doit durer jusqu’au 28 août.
Les États-Unis ont exprimé des réserves sur trois points essentiels : la nécessité d’améliorer les synergies avec les COP Biodiversité et Climat, l’inclusion des questions de genre, et la participation de la société civile, notamment en ce qui concerne les droits des peuples autochtones. Cette situation a provoqué une réaction immédiate de la part des représentants des peuples autochtones, qui ont organisé une manifestation le 20 août, brandissant des pancartes avec des messages tels que « Reconnaître et respecter les droits des peuples autochtones ».
Hindou Oumarou Ibrahim, de l’Association des femmes peules autochtones du Tchad, a exprimé la frustration des manifestants : « Chez nous, des gens meurent tous les jours à cause de la soif, de l’avancée du désert et de la dégradation des terres. Je ressens le chaos que les États-Unis veulent semer. Ils sabotent nos rêves. »
La contestation a pris de l’ampleur le 21 août, lorsque Marioldy Sanchez Santivañez, représentant la Civil Society Organization, a tenu une conférence de presse pour souligner l’importance de la présence de la société civile dans les négociations : « Notre présence est un prérequis pour la crédibilité de cette COP. Ce qu’il se passe n’est pas acceptable. »
Des voix se sont élevées pour dénoncer le risque d’un précédent dangereux. Andrew Morris, directeur exécutif de la British Society of Soil Science, a déclaré : « On est très inquiet. Un précédent vient de se créer et c’est l’avenir des COP qui est en péril. »
Les négociations se poursuivent sur d’autres sujets, notamment la participation du secteur privé, essentielle pour le financement des actions contre le dérèglement climatique. Selon la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, il faudrait 1 milliard de dollars par jour d’ici 2030 pour restaurer les terres dégradées de la planète.
Jean-Daniel Cesaro, géographe du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, a averti : « Une dissymétrie se forme. La participation de la société civile est attaquée quand celle du secteur privé est soutenue. Cette COP est un bien public, elle ne devrait pas devenir le show des entreprises. »
La situation actuelle soulève des inquiétudes quant à la légitimité des décisions qui seront prises, en l’absence d’un débat inclusif et représentatif.
Source : Reporterre

