Logements vacants : Paris double sa taxe pour remettre 20 000 biens sur le marché
Le Conseil de Paris a voté le 18 juillet un doublement de la taxe sur les logements vacants, qui sera applicable à partir de 2027. Cette me vise à remettre environ 20 000 logements vacants sur le marché, sur un total de 139 000 recensés dans la capitale en 2023, selon l’Insee. Ces logements représentent environ 9,9 % du parc immobilier parisien.
David Belliard, conseiller de Paris (écologiste), a déclaré : « Nous ne pouvons plus construire car les emprises foncières sont inexistantes, il nous faut donc remettre des logements vides sur le marché. » Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation pour le logement des défavorisés, a exprimé son soutien envers cette initiative.
La taxe sur les logements vacants (TLV) a été instaurée en 1998 pour les communes de plus de 200 000 habitants, caractérisées par un déséquilibre entre l’offre et la demande. Ce seuil a été abaissé à 50 000 habitants en 2013. En 2006, une taxe d’habitation sur les logements vacants (THLV) a été introduite pour les zones non tendues. La loi de finances 2026 a unifié ces taxes, permettant aux communes d’augmenter les taux. À partir du 1er janvier 2027, le taux de la taxe pourra passer de 17 % à 30 % de la valeur locative cadastrale après un an de vacance, et de 34 % à 60 % après deux ans.
L’opposition de droite conteste les chiffres concernant la vacance des logements. Grégory Canal, coprésident du groupe Paris Liberté, a déclaré dans Le Monde que l’augmentation de la taxe « ne servira à rien » et a qualifié cela de « matraquage fiscal ».
Manuel Domergue a précisé que les logements vacants n’ont aucune fonction économique et qu’il est essentiel de les remettre sur le marché. Il a également noté que des aides publiques existent pour les logements en travaux, ce qui pourrait inciter les propriétaires à accélérer les rénovations.
Cette me pourrait également encourager les familles à s’accorder sur les logements vacants liés à des indivisions, notamment suite à des héritages. De plus, les recettes générées par cette taxe devraient permettre d’investir dans des logements sociaux à Paris.
Enfin, la Fondation pour le logement des défavorisés plaide pour une majoration de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, qui pourrait dépasser le taux maximum de 60 % actuellement en vigueur, afin de mieux réguler les logements sous-occupés dans les zones tendues.
Source : Insee, Le Monde.

