Le bruit des transports perturbe le comportement des enfants, selon une étude récente.

Le bruit des transports causerait des troubles émotionnels et comportementaux à nos enfants

Le bruit des transports causerait des troubles émotionnels et comportementaux à nos enfants

Grandir à proximité d’une route peut avoir des conséquences néfastes sur la santé mentale des enfants, selon une récente étude de l’Institut Sorbonne de santé publique (Inserm/Sorbonne Université), publiée dans Lancet Public Health. Cette recherche établit un lien significatif entre les troubles émotionnels et comportementaux des enfants et la pollution sonore. Éloi Chazelas, épidémiologiste à l’Inserm, souligne qu’il existe un « signal clair quant à la santé mentale des enfants ».

L’étude a suivi 8 000 enfants dans le cadre de la cohorte Elfe, examinant les effets à moyen terme de la pollution sonore liée aux transports sur le développement psychique. Les résultats indiquent que les enfants exposés de manière continue à un niveau élevé de bruit routier (supérieur ou égal à 60 dB[A]) de la naissance à 5 ans et demi présentent des symptômes internalisés plus marqués à l’âge de 10 ans et demi, notamment en matière de difficultés émotionnelles et d’interactions sociales. Cette exposition pourrait induire des problèmes tels que l’anxiété, le repli sur soi et un manque de relations avec leurs pairs. Chazelas précise que le moment de l’exposition au bruit pourrait être crucial, indiquant une vulnérabilité accrue durant la petite enfance.

Concernant les autres modes de transport, les données sur l’impact du bruit ferroviaire et aérien sont insuffisantes pour tirer des conclusions définitives.

En Europe, plus d’une personne sur cinq est chroniquement exposée à des niveaux de pollution sonore liés aux transports, jugés nocifs pour la santé. Si les effets du bruit sur la santé des adultes sont relativement bien documentés, l’impact sur la santé mentale des enfants reste peu exploré.

Chazelas insiste sur l’importance de réduire la pollution sonore, la qualifiant de véritable enjeu de santé publique. Des solutions telles que l’aménagement urbain, la réduction du trafic, la limitation de la vitesse et l’amélioration de l’isolation acoustique des bâtiments pourraient aider à diminuer l’exposition des enfants au bruit.

Cependant, la Cour des comptes européenne a récemment noté qu’il est peu probable que l’objectif de « zéro pollution » en matière de bruit soit atteint d’ici 2030, avec une augmentation potentielle des cas de troubles chroniques dus au bruit des transports.

Source : Inserm/Sorbonne Université, Lancet Public Health

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