Le film « The Uprising » avec Andrew Garfield change de titre pour des raisons légales.

The Uprising : pourquoi le film avec Andrew Garfield change de titre

À quinze jours à peine de sa sortie en salles, The Uprising, le nouveau drame historique de Paul Greengrass porté par Andrew Garfield, traverse une crise d’identité inédite. Robin des Bois ou pas Robin des Bois ?

Vendu jusqu’ici comme une reconstitution réaliste et politique de la révolte des paysans de 1381, le film The Uprising s’est vu affubler en catastrophe d’un tout nouveau sous-titre par le studio américain Focus Features : The Rise of Robin Hood.

Un virage marketing de dernière minute qui trahit l’extrême nervosité des producteurs face à un sujet historique jugé difficile à vendre, tout en prenant le risque d’associer le film à une licence devenue un véritable poison au box-office.

Le revirement de dernière minute qui sème la confusion autour du film de Paul Greengrass

Jusqu’à très récemment, l’équation semblait limpide : le réalisateur Paul Greengrass (La Vengeance dans la peau, Vol 93) proposait un long-métrage brut de 128 minutes centré sur l’insurrection populaire de 1381 contre la tyrannie du jeune roi Richard II. Andrew Garfield y incarne un humble laboureur menant la rébellion aux côtés de figures historiques bien réelles, telles que le prêtre John Ball (Jamie Bell) ou le chef rebelle Wat Tyler (Cosmo Jarvis).

Mais la campagne de promotion a subitement déraillé lorsque les derniers visuels américains ont rebaptisé le projet The Uprising: The Rise of Robin Hood, accompagnés d’un synopsis révisé affirmant que le personnage d’Andrew Garfield combat dans une révolte « ayant inspiré la légende de Robin des Bois ».

La manœuvre a tellement pris de court l’industrie que le distributeur britannique du film, Entertainment Film Distributors, a dû publier un démenti officiel pour préciser que les éléments marketing mentionnant Robin des Bois n’étaient pas approuvés pour le Royaume-Uni. Un tel grand écart entre le marché américain et le reste du monde démontre l’ampleur du malaise autour du positionnement du film.

Quand le marketing tente d’imposer une « origine secrète »

Contrairement à des révélations orchestrées de longue date, comme Split de M. Night Shyamalan dévoilant son lien avec Incassable, ou The Woods qui s’est révélé être une suite de Projet Blair Witch, le retitrage de The Uprising ressemble davantage à une décision de comité prise dans l’urgence.

Le projet initial s’inspirait du poème médiéval Piers Plowman, rédigé vers 1377, qui contient l’une des toutes premières mentions du personnage de Robin des Bois dans la littérature. Mais au lieu de laisser ce clin d’œil culturel en arrière-plan d’une fresque historique rigoureuse, les financiers ont préféré plaquer brutalement l’étiquette du héros à l’arc sur le personnage d’Andrew Garfield pour tenter d’attirer le grand public.

Robin des Bois, la licence maudite d’Hollywood

L’ironie de cette stratégie réside dans le fait que la marque Robin des Bois est loin d’être un gage de succès financier ces dernières années. Au contraire, les récentes tentatives d’adaptation se sont soldées par de cuisants échecs commerciaux :

  • The Death of Robin Hood (2026), avec Hugh Jackman, est sorti il y a seulement quelques mois dans l’indifférence générale, peinant à rembourser son budget modeste.
  • Robin des Bois (2018), porté par Taron Egerton et orienté vers l’action moderne, a généré 86 millions de dollars de recettes mondiales pour un coût de production de 100 millions.
  • Robin des Bois (2010), de Ridley Scott avec Russell Crowe, a récolté 320 millions de dollars pour un budget colossal de 237 millions.

Bref, de quoi faire peur aux producteurs, ce qui explique la situation actuelle.

Source : Numerama

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