Non, les Français n’achètent pas d’écrans plats avec l’allocation de rentrée scolaire
L’allocation de rentrée scolaire (ARS), attribuée sous conditions de ressources aux familles avec enfants de 6 à 18 ans scolarisés, suscite chaque année des débats sur son utilisation. En 2025, le JDD posait déjà la question : « Allocation de rentrée scolaire : comment éviter les abus ? » Ce questionnement est récurrent, surtout lors de la période de « ruée dans les rayons » qui suit son versement.
L’ARS varie de 426 à 466 euros par enfant, en fonction de son âge. Certains estiment ce montant excessif, en particulier pour des ménages qu’ils jugent incapables de gérer un budget, ce qui pourrait expliquer leur situation financière précaire. Cependant, les études montrent que ce montant est en réalité proche des dépenses nécessaires pour la rentrée. Selon une étude de 2023, les familles bénéficiaires dépensent en moyenne 1 315 euros par enfant pour l’année scolaire, dont un tiers à la rentrée.
L’Observatoire Emmaüs des budgets contraints a récemment publié une étude qui révèle que l’ARS est majoritairement utilisée pour financer des courses et des dépenses liées à la rentrée. Sous la direction de la sociologue Hélène Ducourant, l’étude a été réalisée à partir d’entretiens avec une vingtaine d’allocataires, dont la majorité sont des femmes, représentant des familles souvent en situation de précarité.
L’enquête souligne que, bien que les ménages aient la liberté d’utiliser l’ARS comme bon leur semble, elle est principalement consacrée aux besoins des enfants. Une note du Crédoc indique que pour deux bénéficiaires sur trois, l’ARS permet de financer des dépenses qu’ils ne pourraient pas assumer autrement.
Les familles utilisent cette aide pour des fournitures scolaires, des vêtements et des chauss, souvent de meilleure qualité qu’elles ne pourraient se permettre habituellement. L’étude met également en lumière un « travail de consommation » minutieux, où les familles effectuent des inventaires de leurs besoins et comparent les prix pour maximiser l’utilisation de l’ARS.
L’Observatoire Emmaüs plaide pour une révision du mode de calcul de l’ARS afin de mieux tenir compte des réalités des familles, notamment par une majoration pour les foyers monoparentaux. Il recommande également un ajustement du calendrier de versement pour éviter que les familles n’aient pas accès aux fournitures nécessaires au moment de la rentrée.
En conclusion, loin de céder à des achats inconsidérés, les familles bénéficiaires de l’ARS utilisent cette aide de manière réfléchie pour répondre aux besoins de leurs enfants dans un contexte budgétaire contraint.
(Source : Observatoire Emmaüs des budgets contraints, JDD)

