Présidentielle 2027 : Fiscalité, dette et climat, les idées des entrepreneurs français
À quelques mois de la présidentielle de 2027, les entrepreneurs français expriment des besoins cruciaux en termes de visibilité et de stabilité. Lors de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF 2026) à Roland-Garros, des dirigeants ont confronté leurs expériences et proposé des solutions aux futurs candidats. Les thèmes abordés incluent la fiscalité, la dette, la réindustrialisation, la transition climatique et l’intelligence artificielle.
Nos invitées
Julie Neuville, présidente de Materrup, une entreprise spécialisée dans la production de ciment bas carbone et circulaire, a commencé sa production en France en 2022.
Adina Grigoriu, présidente et fondatrice d’Active Asset Allocation, une société d’ingénierie financière digitale, se concentre sur la gestion des risques et l’investissement à long terme.
Fiscalité et charges : les entreprises demandent de la visibilité
La fiscalité et le poids des charges sont des préoccupations majeures pour les entrepreneurs. Julie Neuville souligne que des charges élevées limitent la capacité de recrutement des entreprises. Adina Grigoriu met en avant l’imprévisibilité des règles fiscales, qui constitue une prime de risque pour les investisseurs à long terme.
Julie Neuville : « L’idée, ce n’est pas de faire plus de profit. L’idée, c’est de pouvoir pérenniser les emplois en premier lieu. »
Adina Grigoriu : « Chaque revirement fiscal ajoute une prime de risque au coût du capital. »
Dette et dépenses publiques : quelle trajectoire pour la France ?
La dette publique est une autre source d’inquiétude pour les chefs d’entreprise. Neuville insiste sur la nécessité de déterminer quelles dépenses seront réduites et leurs impacts sur l’innovation et l’investissement. Grigoriu alerte sur la perception des investisseurs, notant que le niveau de la dette influence le coût d’emprunt des entreprises.
Adina Grigoriu : « La vérité sur la dette, parce que la charge d’intérêts est devenue le premier budget de l’État. »
Julie Neuville : « La dette est une question urgente. Moi, en tant qu’entreprise, «
Réindustrialiser la France : accélérer, mais avec quelle stratégie ?
La réindustrialisation est au cœur des revendications, mais elle est freinée par des délais administratifs. Neuville défend une industrie capable de répondre aux défis environnementaux tout en restant compétitive, tout en pointant la lenteur des procédures d’autorisation.
Julie Neuville : « Nous avons des solutions. C’est une question de volonté de se dire aujourd’hui : oui, on décide de le faire. »
Transition écologique : contrainte ou opportunité industrielle ?
Les vagues de chaleur de l’été 2026 ont mis en lumière l’impact économique du changement climatique. Neuville affirme que transition écologique et compétitivité ne sont pas opposées, tandis que Grigoriu souligne l’intégration du risque climatique dans les stratégies d’investissement.
Julie Neuville : « Transition écologique, économie, compétitivité, industrie ne s’opposent pas. »
L’épargne française peut-elle financer l’économie ?
Une autre piste discutée est la réorientation de l’épargne française vers des projets industriels et énergétiques. Grigoriu propose un complément au système de retraite par répartition pour mobiliser cette épargne.
Adina Grigoriu : « Nous avons le capital, mais nous semblons refuser de vouloir le faire travailler pour nos retraites. »
Intelligence artificielle : outil d’aide, pas décideur
L’IA est perçue comme un outil d’assistance pour libérer du temps pour des tâches à plus forte valeur ajoutée. Grigoriu insiste sur le fait que l’IA ne doit pas remplacer la responsabilité humaine.
Adina Grigoriu : « Nous, on donne à nos clients des outils de décision, pas des boîtes noires. »
Le « courage » comme mot d’ordre des entrepreneurs
À la fin de l’entretien, Neuville et Grigoriu ont défini le courage attendu des responsables politiques : prendre des décisions difficiles pour l’avenir, notamment face au changement climatique et à la gestion de la dette.
Julie Neuville : « Le courage, c’est savoir prendre des décisions difficiles aujourd’hui. »
Adina Grigoriu : « Le courage pour moi, c’est de ne pas avoir peur de ne pas être aimé. »
Conclusion
Les entrepreneurs français attendent des engagements clairs de la part des futurs candidats à la présidentielle de 2027 sur des enjeux cruciaux tels que la fiscalité, la dette et la transition écologique, afin de garantir la pérennité et la compétitivité de l’économie française.
Source : RFI

