Les travailleurs sans fiche de paie ignorés par les politiques en matière de protection sociale.

« Les travailleurs sans fiche de paie sont invisibles aux yeux des politiques »

Les travailleurs sans fiche de paie sont invisibles aux yeux des politiques

Le travail, sa rémunération et ses conditions, ainsi que sa compétition avec l’intelligence artificielle, seront des enjeux majeurs des prochaines élections présidentielles. Un thème récurrent est le mérite des « bons travailleurs », souvent mis en avant par des personnalités politiques comme M. Glucksmann, qui évoque ceux « qui se donnent la peine de travailler, de produire, de créer ».

Cependant, cette approche néglige les travailleurs invisibles, ceux qui ne disposent pas de fiche de paie et qui ne sont pas considérés comme des employés. Parmi eux se trouvent des travailleurs indépendants, des professionnels de la création, des agriculteurs, des chercheurs, des entrepreneurs sociaux, des sportifs de haut niveau, ainsi que des contributeurs non rémunérés tels que les aidants, les pompiers ou les bénévoles.

Ces individus, bien qu’ils participent activement à l’économie, ne reçoivent pas la reconnaissance de leur apport. Selon des données récentes, seulement 7 % des professionnels de la création gagnent le salaire minimum, tandis que l’industrie créative en France emploie environ 1,1 million de personnes pour un chiffre d’affaires de 102,7 milliards d’euros. De plus, en 2020, 22 % des agriculteurs vivaient sous le seuil de pauvreté, alors que la filière alimentaire réalisait des ventes de 124,5 milliards d’euros.

L’absence de reconnaissance de ces travailleurs pose un problème social significatif. Une prise de conscience est nécessaire concernant la précarité de ces personnes qui travaillent sans rémunération, sans protection ni représentation sociale. Les professionnels-contributeurs, dont la colère et le désarroi s’intensifient, demandent des solutions concrètes.

Actuellement, des propositions de loi sont en préparation pour traiter les artistes-auteurs comme des travailleurs, une démarche inspirée par la loi Jean Zay de 1936, qui n’a jamais été adoptée. Cette situation soulève la question de savoir comment les candidats à la présidence de la République comptent répondre aux attentes de ces professionnels-contributeurs, qui ne bénéficient pas d’un revenu stable ou d’une protection adéquate.

Il est essentiel d’intégrer l’activité contributive dans la réflexion sur le travail au XXIe siècle. Faute de quoi, la pauvreté et la frustration des travailleurs invisibles risquent d’augmenter, entraînant des conséquences néfastes pour la démocratie.

Source : La Croix

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