La production de betterave en France affectée par la canicule et la réduction de sucre prévue.

Moins de sucre en prévision ? La betterave française souffre de l’été caniculaire

Moins de sucre en prévision : la betterave française souffre de l’été caniculaire

28 août 2026 à 16h49

Durée de lecture : 3 minutes

La canicule et la sécheresse de cet été ont gravement affecté une grande partie des cultures de fruits et légumes en France. Selon l’Insee, les prix des fruits et légumes ont connu une augmentation de 13 % par rapport à l’année précédente. Parmi les cultures les plus touchées, la betterave sucrière, essentielle à la production de sucre, se distingue. La France est le premier producteur européen de betterave sucrière et le deuxième au monde, derrière la Russie.

Le 25 août, l’Association interprofessionnelle de la betterave et du sucre (AIBS) a averti d’une baisse anticipée de 20 % de la production totale de betterave par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Cette situation est due à un « stress hydrique » et à l’augmentation des maladies, comme le charançon et la teigne, exacerbés par les conditions climatiques extrêmes. Alain Carré, président de l’AIBS, souligne que cette campagne met en lumière la vulnérabilité de la production betteravière face aux événements climatiques extrêmes.

Les conséquences de cette situation sont multiples : des producteurs en difficulté, une diminution prévue de la production de sucre, et des risques d’approvisionnement pour les éleveurs de bovins, qui dépendent de la pulpe de betterave sucrière. Habituellement, la betterave sucrière résiste bien aux périodes de sécheresse, mais elle cesse de croître lorsque les températures dépassent 35 °C. Pierre-Élie Dequidt, agriculteur bio dans le Pas-de-Calais, indique que bien que la betterave puisse survivre sans eau pendant un certain temps, des conditions climatiques extrêmes compromettent gravement sa croissance.

Aucune région n’est épargnée par cette crise. Les Hauts-de-France, qui représentent environ 50 % de la production nationale, soit 18 millions de tonnes, ont été particulièrement touchées. Dans certaines zones comme la vallée de la Canche, des agriculteurs comme Pierre-Élie Dequidt constatent des pertes, mais notent que certaines betteraves ont réussi à se développer malgré les conditions extrêmes. En revanche, plus au sud, la situation est préoccupante. Xavier Piot, agriculteur bio dans l’Oise, déplore la perte d’une grande partie de sa récolte.

Dans son communiqué, l’AIBS appelle les pouvoirs publics à mettre en place des dispositifs de soutien pour faire face aux conséquences de la sécheresse et de la canicule. Avec le changement climatique, ces événements pourraient devenir la norme, menaçant davantage l’avenir de la filière betterave française, déjà confrontée à la concurrence internationale, notamment celle de la canne à sucre en provenance d’Inde et du Brésil.

Source : Insee, AIBS

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