L’État suspend l’abattage rituel sans étourdissement à l’abattoir de Perpignan
Après la diffusion de vidéos révélant des actes de maltraitance animale, la préfecture des Pyrénées-Orientales a suspendu, le 27 août 2026, l’agrément de l’abattoir de Perpignan pour la pratique de l’abattage rituel sans étourdissement. Louis Aliot, président de Perpignan Méditerranée Métropole, a demandé une enquête interne.
Cette décision a été prise avant une inspection complète de l’établissement, prévue pour les 31 août et 1er septembre 2026, afin de vérifier les conditions de fonctionnement et de prise en charge des animaux. La suspension ne signifie pas la fermeture immédiate de l’abattoir, qui possède une autorisation spécifique pour cette activité.
L’affaire a éclaté suite à une enquête de l’association L214, dont les images, tournées entre mai et juillet 2026, montrent des cochons frappés, des moutons manipulés violemment et des animaux en détresse. L214 a déposé une plainte pour sévices graves et actes de cruauté, accompagnée de 5h30 de vidéos présentées comme preuves. L’association réclame la fermeture immédiate de l’abattoir.
Jean-Claude Coulet, directeur de l’abattoir, a déclaré avoir été surpris par les révélations, affirmant qu’il n’était pas au courant des faits. Il a précisé que 90 % des vidéos concernaient des pratiques rituelles conformes aux normes. Cependant, il a reconnu que certaines images montraient des comportements inacceptables de la part de deux employés, qui ont été mis à pied immédiatement.
La direction a annoncé une procédure de licenciement pour ces deux salariés, qui n’avaient pas présenté de tels comportements auparavant. Coulet a également souligné l’importance du bien-être animal au sein de l’abattoir et a exprimé son indignation face aux actes dénoncés.
La vidéosurveillance de l’abattoir ne couvre pas les zones intérieures où se déroulent les manipulations des animaux, ce qui a permis la réalisation clandestine des vidéos. La direction a annoncé son intention de porter plainte pour intrusion.
L’inspection par la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) est très attendue, et les services de l’État examineront les conditions de fonctionnement de l’établissement. Louis Aliot a demandé une enquête interne pour faire toute la lumière sur cette affaire, en insistant sur la nécessité de sanctions fermes si les faits de maltraitance étaient confirmés.
Cette situation soulève des questions sur la supervision et le contrôle des pratiques au sein des abattoirs, alors que la DDPP évoque des dérives individuelles. Le maire de Perpignan a appelé à ne pas généraliser ces actes, les qualifiant d’isolés.
Les résultats de l’inspection et des enquêtes à venir détermineront les mes à prendre concernant l’abattoir de Perpignan.
Source : France 3 Régions

