Hugues de Jouvenel quitte la rédaction de Futuribles, une nouvelle ère s’ouvre
Dans son éditorial du dernier numéro (473, juillet-août 2026), Hugues de Jouvenel a annoncé son départ de la rédaction de la revue Futuribles, qu’il dirigeait depuis 1975. Son successeur, qui a collaboré avec lui pendant plus de 28 ans, s’engage à maintenir l’orientation prospective de la publication, visant à fournir aux lecteurs des clés de compréhension des dynamiques mondiales et à anticiper les évolutions futures.
Ce changement à la tête de la rédaction ne marque pas une rupture avec les fondements de Futuribles, dont la mission demeure de permettre aux lecteurs de s’orienter dans un monde en mutation. Toutefois, la revue devra s’adapter aux transformations de l’édition et de la diffusion de l’information, ce qui impliquera une évolution progressive des approches et des points de vue présentés.
Dans le numéro actuel, peu de changements formels sont à signaler, à l’exception de la fin de la chronique européenne de Jean-François Drevet, en place depuis 2007. Les questions européennes continueront d’être abordées, tout comme les enjeux géopolitiques, qui bénéficieront d’une attention renouvelée compte tenu des récentes évolutions internationales.
Les articles de ce numéro abordent des thématiques variées, en accord avec la vocation pluridisciplinaire de la revue. L’économiste Hippolyte d’Albis interroge la notion de « grande transmission » en France, posant la question de savoir si le transfert de richesse des baby-boomers vers leurs descendants pourrait freiner l’endettement public. Il souligne que cette « manne fiscale » pourrait être surévaluée et que les transferts risquent d’arriver trop tard pour modifier le destin des héritiers.
L’éducation est également mise en avant, avec Pierre-Yves Cusset soulignant le rôle de l’École face à la diminution du nombre d’élèves. Le dossier de rentrée scolaire inclut une interview de Philippe Bihouix sur l’éducation numérique.
Grégoire Darcy, dans son analyse sur la désinformation, appelle à une éducation aux médias et aux réseaux sociaux, pointant les causes systémiques de ce phénomène, telles que la polarisation et la défiance institutionnelle. Ce sujet pourrait devenir central lors de la campagne électorale de 2027, alors que des ingérences et des fake news ont déjà été identifiées.
Les manipulations d’origine étrangère, notamment de la part de la Russie et de la Chine, nécessitent des réponses fermes des autorités diplomatiques, comme l’indique Didier Le Bret, directeur de l’Académie diplomatique et consulaire, dans une interview qui éclaire l’avenir de la diplomatie.
Ce numéro se termine par un plaidoyer de Jacques Theys pour un renouveau de la prospective, soulignant l’importance d’adapter cette discipline aux changements environnementaux.
Source : Futuribles (numéro 473, juillet-août 2026).

