Tabac : Comment la cigarette peut modifier l’action de certains médicaments
Le tabac ne se limite pas à créer une dépendance. La fumée peut aussi modifier l’action de certains médicaments, les rendant moins efficaces, accélérant leur élimination par l’organisme ou, au contraire, favorisant leur accumulation.
La fumée de cigarette contient de nombreux composés, tels que le monoxyde de carbone, l’ammoniac, la nicotine, des goudrons, des métaux lourds et des hydrocarbures. Plusieurs de ces substances peuvent interagir avec certains traitements.
Le tabac peut affaiblir certains traitements
Pour les personnes prenant de la théophylline, un médicament utilisé contre l’asthme, fumer peut accélérer l’élimination du produit par le corps. En conséquence, le médicament agit moins longtemps ou moins efficacement, ce qui peut augmenter le risque de crise d’asthme.
Ce même mécanisme peut affecter certains bêta-bloquants, prescrits pour l’hypertension artérielle ou l’insuffisance cardiaque. Parallèlement, la nicotine augmente la tension et accélère le rythme cardiaque, s’opposant ainsi aux effets recherchés par ces traitements. De plus, le tabac peut diminuer l’effet des benzodiazépines, utilisées pour traiter certains troubles anxieux, car la nicotine stimule le système nerveux, contrariant leur action apaisante.
L’arrêt du tabac peut imposer un ajustement
Bien que l’arrêt de la cigarette soit toujours bénéfique pour la santé, il est crucial d’en discuter avec un médecin ou un pharmacien lorsque l’on suit un traitement régulier. Après l’arrêt du tabac, l’organisme peut éliminer certains médicaments moins rapidement. Une dose initialement adaptée à un fumeur peut alors devenir trop élevée. Cela est particulièrement vrai pour la théophylline : chez une personne ayant arrêté de fumer, le médicament peut s’accumuler dans l’organisme et provoquer des effets toxiques si la dose n’est pas réévaluée.
Pilule et cigarette : une association à risque
Le tabac présente des risques accrus lorsqu’il est associé à une contraception oestroprogestative, c’est-à-dire une pilule contenant un œstrogène et un progestatif. Les substances présentes dans la fumée de tabac peuvent transformer l’estradiol en un produit qui augmente le risque de formation de caillots sanguins dans les veines ou les artères.
Il est donc essentiel d’informer votre médecin ou votre pharmacien de votre consommation de tabac ou de votre souhait d’arrêter. Cela permettra de vérifier les interactions possibles et d’ajuster le traitement si nécessaire.
Source : La Dépêche

