La décentralisation en Centrafrique confrontée à des défis institutionnels et territoriaux.

La décentralisation à la peine en Centrafrique

La décentralisation à la peine en Centrafrique

La République Centrafricaine a récemment achevé, avec l’aide de la communauté internationale, son cycle électoral, permettant l’élection de maires et de conseillers régionaux. Cette avancée devrait théoriquement ouvrir la voie à une politique de décentralisation. Cependant, après l’investiture des maires, le pouvoir central continue de puiser dans les caisses des communes, ce qui fragilise la dynamique de décentralisation. C’est particulièrement visible à Sibut, au centre du pays.

Rivalités entre différents niveaux de décision

À Sibut, la collectivité est dirigée par Serge Pépin Gouakaï, élu sur un programme ambitieux visant à développer la ville par la construction d’infrastructures et un investissement dans les secteurs sociaux. Toutefois, il a rapidement réalisé qu’il ne pouvait pas compter uniquement sur les recettes contrôlées par le pouvoir central pour faire avancer sa commune. Il s’oriente donc vers le jumelage avec d’autres collectivités en développement. « Cette obligation de chercher les partenaires pour jumeler la commune à d’autres, qui sont sur la voie de développement, pour nous permettre d’évoluer, et ça, c’est notre priorité, de chercher des contacts », explique-t-il.

Les communes ne bénéficient pas toutes des mêmes potentialités économiques, et le manque de volonté politique pour soutenir la décentralisation est un obstacle majeur. Le pouvoir central est réticent à renoncer à certaines ressources financières.

Evariste Ngamana, porte-parole du gouvernement, souligne la tension sur la trésorerie nationale et appelle à l’aide des partenaires. Il admet que « la décentralisation requiert plusieurs défis, dont la question des ressources financières. Vous savez que notre pays a des difficultés à mobiliser des ressources pour le fonctionnement de nos administrations, etc. C’est pour cela que nous avons besoin de l’appui de nos partenaires, notamment les partenaires techniques et financiers ».

Les prérequis d’une décentralisation réussie

Face aux manquements dans la gestion de plusieurs élus locaux, le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) propose son expertise pour aider les parties prenantes. Mactar Fall, représentant résident adjoint du Pnud, précise qu’il existe des préalables pour qu’une décentralisation fonctionne efficacement. « Il faut que les institutions et les régions soient renforcées par des textes clairs qui définissent leur champ d’action, et surtout, faire la différence entre décentralisation et déconcentration », déclare-t-il. Il insiste également sur la nécessité de disposer des ressources adéquates pour mener à bien cette décentralisation.

Au total, 177 communes et sept régions ont élu leurs dirigeants. Cependant, les électeurs devront faire preuve de patience avant de voir des avancées concrètes en matière de transfert de compétences et de budgets, en raison des contraintes politiques rencontrées par les élus.

Source : DW News

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