Lutte contre les algues vertes : la préfecture de Bretagne officialise le changement de méthode
La préfecture de Bretagne a annoncé, ce vendredi, la mise en œuvre de nouvelles mes pour lutter contre les algues vertes. Ce changement de méthode, présenté en juillet, vise à répondre à la pollution causée par l’agriculture intensive, qui persiste malgré plusieurs plans d’action et une condamnation de l’État.
Ces mes font suite à une décision du tribunal administratif de Rennes, qui, en mars 2025, avait ordonné au préfet de Bretagne de renforcer son action contre les pollutions au nitrate dans un délai de dix mois. Dans un communiqué, la préfecture a reconnu que « malgré les progrès enregistrés ces dernières années, la qualité des eaux bretonnes stagne désormais dans plusieurs secteurs sensibles ».
La nouvelle stratégie de l’État se concentre sur « les exploitations identifiées comme présentant un risque plus élevé de fuites de nitrates », afin de réduire ces fuites, tout en allégeant certaines contraintes administratives pour les agriculteurs. De plus, elle prévoit un renforcement des mes sur 20 % de la surface agricole pour « protéger les milieux les plus fragiles ».
Depuis 1971, des tonnes d’algues vertes s’échouent chaque année sur les plages bretonnes. Leur décomposition génère du sulfure d’hydrogène, un gaz potentiellement mortel en cas d’exposition prolongée. Les conséquences de cette prolifération incluent des impacts sur les ostréiculteurs, la fermeture de plages au public, et des décès suspects. En juin 2025, la justice a établi un lien entre les algues vertes et le décès d’un joggeur dans les Côtes-d’Armor.
Selon un rapport de la Cour des comptes de 2021, plus de 90 % de cette prolifération d’algues vertes est d’origine agricole, dans une région caractérisée par des élevages intensifs. La France a lancé son septième programme d’action régional depuis 2010, avec des millions d’euros de financements publics, sans parvenir à résoudre ce problème persistant.
Source : Le Télégramme.

