Népal : Une vague de 20 mètres révèle les dangers climatiques
Une vague de plus de 20 mètres a dévasté une vallée située à la frontière entre le Népal et le Tibet, causant d’importants dégâts. Ce phénomène, survenu mardi, soulève des questions sur les mécanismes à l’origine de telles catastrophes, qui sont également observés dans les Alpes suisses.
Les géomorphologues et glaciologues auront besoin de plusieurs mois pour analyser en détail les causes de cet événement. Christophe Ancey, spécialiste des risques naturels à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), met en garde contre les nombreuses hypothèses qui circulent. Les premières images suggèrent que cette crue pourrait être liée à la rupture d’un barrage naturel, une situation où une masse de glace et de rochers obstrue un cours d’eau, créant un embâcle. Lorsqu’il cède, l’eau accumulée est libérée brutalement, entraînant sédiments et débris dans un phénomène connu sous le nom de débâcle. Une telle vague pourrait représenter un débit d’environ 20 000 m³ par seconde, comparable à celui de l’Amazone, alors qu’un cours d’eau normal ne transporte habituellement que quelques mètres cubes par seconde.
Ce phénomène est distinct d’une lave torrentielle, qui est beaucoup plus chargée en matériaux et peut être décrite comme « un énorme volume de béton encore liquide », selon Ancey. Des événements similaires ont été observés en Suisse, notamment en Valais.
Le réchauffement climatique est identifié comme un facteur aggravant. Ancey évoque un « cocktail explosif » où le retrait des glaciers et la fonte du pergélisol fournissent des quantités importantes de roches et de sédiments, tandis qu’une atmosphère plus chaude intensifie les précipitations extrêmes. La Suisse a mis en place des systèmes de surveillance pour prévenir ces dangers, incluant des capteurs, des barrages filtrants et des ouvrages de protection.
Cette catastrophe au Népal met en lumière les risques croissants liés aux changements climatiques, qui touchent non seulement les régions montagneuses d’Asie, mais aussi les Alpes européennes.
Source : ATS Agence télégraphique suisse

