Madagascar : des jeunes appellent à la dissolution de l’Assemblée nationale, son président défend son action
À Madagascar, l’Assemblée nationale est réunie depuis le 25 août 2026 en session extraordinaire pour examiner sept projets de loi. L’institution fait face à des critiques croissantes, en particulier de la part de la Génération Z, qui lui reproche de ne pas remplir son rôle de contre-pouvoir. Les revendications pour sa dissolution se multiplient, tandis que le président de la chambre basse, Siteny Randrianasoloniaiko, a tenté de défendre le travail et l’intégrité des députés en début de semaine.
« Les députés ne représentent plus le peuple, l’Assemblée nationale doit être dissoute avant le 25 septembre » : cet appel a été lancé sur les réseaux sociaux par une vingtaine de jeunes se revendiquant de la Gen Z, relayé par l’Assedu-Mada, une des principales organisations étudiantes de Madagascar. La date choisie coïncide avec le premier anniversaire du début de la mobilisation contre l’ex-président déchu, Andry Rajoelina. Un membre de la Gen Z a déclaré : « Quel que soit le régime en place, l’Assemblée nationale est chroniquement inutile et toujours à la solde du pouvoir exécutif. »
En coulisses, des représentants du mouvement ont formellement demandé la dissolution de l’institution à la Présidence et à la Primature. Lors des dernières élections législatives de mai 2024, 84 des 163 députés avaient été élus sous les couleurs de la coalition Irmar, d’Andry Rajoelina, avant qu’une partie d’entre eux ne vote une motion d’empêchement contre leur leader le 14 octobre 2025.
Ces revirements ont conduit le parti politique Kintana à saisir la Haute Cour constitutionnelle (HCC) pour tenter d’obtenir la dissolution, mais celle-ci a été jugée irrecevable le 26 août.
Face aux critiques, Siteny Randrianasoloniaiko a défendu le travail législatif lors de l’ouverture de la session extraordinaire, citant notamment des enquêtes parlementaires sur l’usage des deniers publics sous le précédent régime et sur la Jirama, la société de production et de distribution d’eau et d’électricité. Seul le chef de l’État, Michaël Randrianirina, a le pouvoir de dissoudre l’Assemblée nationale. Cette situation est préoccupante pour Siteny Randrianasoloniaiko, qui pourrait perdre son influence politique sans le soutien de ses députés.
Plusieurs sources signalent une rivalité croissante entre les deux hommes, dans le cadre des préparatifs pour la prochaine élection présidentielle, prévue au plus tard fin 2027.
Source : RFI

