Gage Coon : un scientifique de la Terre explorant le pouvoir des microbes
Gage Coon, étudiant à l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT), se consacre à l’étude des microbes et de leur impact sur le cycle du carbone et du soufre dans les sédiments marins. Originaire d’une région rurale du Tennessee, son parcours académique a été marqué par des défis, notamment en tant que premier membre de sa famille à poursuivre un doctorat. Ce n’est qu’après quelques années d’études supérieures qu’il a découvert l’univers de la recherche académique, une révélation qui l’a profondément enthousiasmé.
Coon a commencé à explorer les microbes en tant qu’étudiant de premier cycle, participant à des croisières de recherche pour examiner directement les processus qu’il étudiait. Sa première expédition, en 2022, l’a conduit sur la pente continentale atlantique pour analyser les fuites de méthane et comment ces microbes en empêchent l’échappement dans l’atmosphère. Cette expérience a transformé sa compréhension des organismes microscopiques.
Sous la direction de Tanja Bosak, professeur de géobiologie au MIT, Coon approfondit ses recherches sur les cycles de carbone et de soufre, en se concentrant sur les applications pratiques. Un de ses projets majeurs vise à utiliser les microbes pour réduire les émissions de méthane issues du traitement des eaux usées. Ce processus, qui utilise des digesteurs anaérobies, génère du méthane, un puissant gaz à effet de serre. Coon et ses collègues ont découvert qu’en ajoutant du gypse, un sous-produit de la fabrication d’engrais, ils pouvaient modifier la production microbienne, convertissant le méthane en carbonates. Ces carbonates peuvent ensuite être utilisés dans la production de ciment, d’agriculture et de produits pharmaceutiques.
Le système proposé permet également de produire du soufre élémentaire, essentiel pour la production d’engrais, actuellement extrait des raffinements pétroliers. Cette approche valorise deux déchets, les eaux usées et le gypse, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Pour Coon, l’objectif est de créer un système à la fois bénéfique pour l’environnement et économiquement viable. Après la phase expérimentale en laboratoire, l’équipe se prépare à des tests à l’échelle pilote et collabore avec des entreprises pour adapter cette technologie à des installations plus grandes.
Source : MIT News.

