En Zambie, un temple Shaolin inédit en Afrique, soft power de la Chine
Le temple Shaolin, situé à la périphérie de Lusaka, se présente comme un morceau de Chine au cœur du paysage zambien, où le kung-fu est à l’honneur. Ce vaste complexe est le premier temple Shaolin d’Afrique, construit sur un terrain de 20 000 mètres carrés, à 18 kilomètres de la capitale zambienne. Le terrain a été offert par l’homme d’affaires chinois Jiang Qingde, et le coût de construction du centre culturel est estimé à près de 6 millions de dollars.
Ce temple est devenu un symbole de l’influence culturelle de la Chine en Zambie, un pays où les investissements chinois dans les mines, les infrastructures et les usines sont déjà bien ancrés. John Bwalya, un jeune de 20 ans, témoigne de son parcours : « J’ai grandi en regardant les films de Karaté Kid à la télévision et je me suis dit que je devais apprendre ça. »
Les pensionnaires du temple, sous la supervision de plusieurs instructeurs chinois, zambiens et ivoiriens, commencent leur journée dès 03H00 du matin. Le complexe leur sert d’école, de terrain d’entraînement et de foyer. Ils y dorment, étudient et s’entraînent, ne s’en éloignant que quelques jours chaque année pour rendre visite à leurs familles ou pour se produire lors de spectacles.
Parmi les jeunes qui fréquentent le temple, Saulo Woonga, 18 ans, a été envoyé ici par sa mère après une bagarre. « Ma mère a décidé que je devais aller au temple Shaolin », explique-t-il. Mathews Mafulu, également âgé de 18 ans, a trouvé refuge dans le kung-fu, qui l’a aidé à surmonter le harcèlement. « Cela m’a rendu en pleine forme, créatif et un peu plus fort », témoigne-t-il.
Les jeunes pensionnaires ne voient pas la présence chinoise comme une intrusion, mais plutôt comme un échange culturel. « Nous apprenons des Chinois et nous leur enseignons également sur l’Afrique », affirme Mafulu. La Zambie, deuxième producteur de cuivre d’Afrique et huitième au monde, est historiquement proche de Pékin, qui domine les investissements miniers dans le pays.
Les activités au temple, telles que les acrobaties et les danses du dragon, attirent des millions de vues sur TikTok et Douyin, la version chinoise de la plateforme. Ronald Mwale, 26 ans, s’est fait connaître grâce à ses vidéos et a accumulé plus de 615 000 abonnés. Il aspire à devenir acteur et a déjà joué dans un film diffusé sur YouTube, qui a atteint près de 500 000 vues.
Après leurs entraînements, les élèves s’inclinent devant les autels bouddhistes et psalmodient des prières dans un cadre richement décoré. Pour Yan Chen, l’instructeur principal, ce temple représente bien plus que des arts martiaux : « Cela leur donne de l’espoir. »
Source : TV5MONDE

